Addis-Abeba (© 2025 Afriquinfos)- la capitale de l’Ethiopie abrite le deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2), (8 au 10 septembre 2025), placé sous le thème : ‘’Accélérer les solutions climatiques mondiales : Financement pour le développement résilient et vert de l’Afrique’’. Organisé avec l’Union africaine, ce rendez-vous stratégique vise à renforcer la réponse collective du continent face aux dérèglements climatiques, en mettant l’accent sur les solutions fondées sur la nature, le reverdissement du continent et la solidarité régionale.
‘’La Commission de l’Union africaine est fermement convaincue que le financement climatique doit être équitable, significatif et prévisible. Saisissons ce moment décisif pour réaffirmer la position sans équivoque de notre continent concernant nos obligations mondiales mais nos responsabilités différenciées’’, a déclaré Mahamoud Ali Youssouf, le président de la commission de l’UA, dans son discours inaugural.
« Aujourd’hui, le lien entre le climat et le sous-développement ne fait plus aucun doute. Le climat, l’exode rural, la migration et l’instabilité sous toutes ses formes sont inter-liés« , a affirmé Mahamoud Ali Youssouf, le président de la commission de l’UA, dans son discours inaugural.
Mais alors que « l’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 4% des émissions de gaz à effet de serre » et que les nations industrialisées « polluent la planète » depuis plus de 150 ans, les plans de mitigation proposés au continent vont à l’encontre de toute « justice climatique« , a-t-il regretté.
Selon un rapport publié jeudi par l’ONG Oxfam et l’Igad, un bloc d’Etats d’Afrique de l’Est, ses Etats membres, à savoir Djibouti, Érythrée, Éthiopie, Kenya, Ouganda, Somalie, Soudan et Soudan du Sud, « ont reçu ensemble, en moyenne, 1,7 milliard de dollars par an entre 2013 et 2022, en +équivalents subventions+, soit la valeur réelle de l’aide climatique après intérêts et remboursements de la dette ».
« Ce montant est inférieur de 96% aux 41,8 milliards de dollars dont les pays de l’Igad affirment avoir besoin chaque année pour mettre en œuvre leurs plans d’action nationaux sur le climat jusqu’en 2030« , poursuivait ce rapport.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM), dans un rapport intitulé « L’Afrique pâtit de manière disproportionnée du changement climatique et des coûts de l’adaptation« , estimait en 2024 que 48 de ses 53 pays étaient en danger de crues et 40 risquaient des sécheresses du fait du réchauffement.
Toujours selon ce rapport, « les aléas associés au climat font perdre aux pays africains entre 2 et 5% de leur PIB chaque année« .
La vulnérabilité de nos pays membres, causée par le changement climatique, le fardeau de la dette et les inégalités structurelles de l’architecture financière internationale, doit être corrigée par la justice climatique et une véritable coopération pour la mise en œuvre des plans d’adaptation de notre continent en fournissant des ressources financières, des technologies et de l’expertise.
Le climat, l’exode rural, la migration et l’instabilité sous toutes ses formes sont inter-liés.
Ce deuxième sommet africain sur le climat après celui de Nairobi en 2023 nous offre l’opportunité de repositionner l’Afrique dans les négociations internationales.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : L’Afrique ne contribue qu’à hauteur de 4 % des émissions de gaz à effet de serre.
Cela fait plus de 150 ans que les nations industrialisées polluent la planète.
Le chiffre 1,3 billion de dollars est le montant nécessaire pour financer les plans d’adaptation au changement climatique sur le continent.
Ce qui est proposé à l’Afrique, ce sont 300 milliards de dollars pour financer les plans d’atténuation et sous forme d’investissement portés par le secteur privé. C’est loin d’être suffisant.
Dois-je le rappeler, les priorités du continent sont inscrites dans le plan décennal pour le développement d’une agriculture intelligente avec un investissement nécessaire de 100 milliards de dollars par an sur 10 ans.
En matière de transition énergétique avec l’initiative mission 300 millions pour donner accès à l’électricité à 300 millions d’Africains, l’Afrique s’est engagée fermement sur la voie des énergies vertes.
Par ailleurs, une gestion intelligente des ressources hydriques s’impose comme un impératif en développant l’irrigation, les cultures sous serres la goutte à goutte et l’hydroponie.
À l’approche de la COP30, les dirigeants africains défendent lors de cette rencontre, une position commune en faveur de la justice climatique, du financement durable et du transfert de technologies, affirmant ainsi le rôle central de l’Afrique dans la transition écologique mondiale.
V.A.



