Malabo (© 2026 Afriquinfos)- Le Cameroun et la Guinée équatoriale se sont mis d’accord ce mardi 3 février pour l’exploitation conjointe de leurs gisements pétroliers frontaliers avec la signature de l’accord d’opération conjointe du projet Yoyo-Yolanda. C’était au cours d’une cérémonie présidée par le Vice-Président de la République de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue.
Ce dispositif doit contribuer à la stabilité des recettes gazières en s’appuyant sur des infrastructures mutualisées et une production rationalisée. Il s’inscrit dans le traité bilatéral conclu en 2023 par les deux États pour permettre le développement conjoint des réserves d’hydrocarbures dans le golfe de Guinée. Le traité a été ratifié par les parlements nationaux et déposé au Secrétariat général des Nations unies en janvier 2025 afin d’en garantir le caractère irrévocable.
L’unitisation permet d’exploiter un même réservoir transfrontalier selon des règles techniques, contractuelles et opérationnelles harmonisées. Elle vise à éviter une production concurrente entre les deux pays et à sécuriser le partage des volumes. Les études conjointes établissent une clé de répartition de 84 % des ressources pour le bloc Yoyo, côté camerounais, et de 16 % pour le bloc Yolanda, côté équato-guinéen.
Le développement du projet est placé sous la conduite de l’américain Chevron, désigné opérateur technique. L’investissement global est évalué à 4 milliards de dollars, soit en FCFA selon le taux de change retenu au moment de la décision d’investissement. Le projet s’appuie sur un cadre juridique bilatéral déjà ratifié par les deux parlements nationaux et formellement déposé au Secrétariat général des Nations unies en janvier 2025, afin d’en garantir le caractère irrévocable.
Le schéma de développement est centré sur le bloc Yoyo qui accueille l’infrastructure principale du projet. Il prévoit l’installation d’une plateforme de traitement dans le périmètre du contrat de partage de production de Yoyo ainsi que le forage de trois puits de développement. Concrètement, l’accord permet aux opérateurs Noble Energy et Chevron de mener des opérations de forage et de production de part et d’autre de la frontière maritime dans un cadre industriel unique. Les activités sont organisées comme s’il s’agissait d’un seul champ, avec une coordination technique commune.
Le gaz produit sera acheminé par deux pipelines distincts. Le premier reliera le champ au centre de traitement de Bipaga, dans le sud du Cameroun. Le second alimentera le complexe industriel de Punta Europa, sur l’île de Bioko en Guinée équatoriale, en utilisant les infrastructures existantes du champ Alen.
Pour les deux pays, l’unitisation du champ Yoyo-Yolanda intervient dans un contexte de pression sur les finances publiques liées aux hydrocarbures. Le vieillissement des champs, la volatilité des cours internationaux et l’instabilité du dollar pèsent en effet sur les recettes pétrolières. Le projet apparaît comme un levier de stabilisation des revenus gaziers à moyen et long terme par la mutualisation des infrastructures et l’optimisation de la production.
Des discussions restent en cours entre les deux États et l’opérateur sur la loi applicable à l’unité de production ainsi que sur les modalités de la réglementation des changes. Ces arbitrages sont présentés comme déterminants pour sécuriser les flux financiers issus de l’exploitation du gisement.
Teodoro Nguema Obiang Mangue a indiqué que« les réalisations de l’accord signé montrent qu’une coopération sincère est la voie la plus directe vers une gestion efficace des ressources naturelles partagées ».
La signature de l’accord intervient deux mois après la dernière visite du vice-président équato-guinéen à Yaoundé, où il a discuté des conditions avec le Chef de l’État camerounais Paul Biya, et c’est la première fois que la Guinée équatoriale effectuera une exploitation conjointe de gisements pétroliers frontaliers avec un autre pays.
V.A.



