Conakry (© 2026 Afriquinfos)- Le Gouvernement guinéen à travers son Ministre des Affaires Étrangères, de l’Intégration Africaine et des Guinéens établis à l’Étranger a réuni, ce lundi 9 mars 2026, les diplomates accrédités en Guinée pour apporter des clarifications sur une décision majeure qui secoue l’échiquier politique national : la dissolution de quarante formations politiques, dont les poids lourds que sont le RPG Arc-en-ciel, l’UFDG et l’UFR.
D’après Conakry, la mesure de dissolution de 40 partis est avant tout un acte souverain, fondé sur le strict respect de la législation nationale et inscrit dans le processus de refondation de l’État.
Interpellant directement ses interlocuteurs, Kouyaté a justifié la tenue de cette séance d’information par la « courtoisie diplomatique » et un « esprit de transparence » à l’égard de partenaires qui accompagnent la Guinée depuis quatre ans. « Nous ne voulons pas vous laisser puiser vos informations sur les réseaux sociaux », a-t-il déclaré, réaffirmant que lorsque l’État prend une décision, il est de son devoir d’en informer les représentants diplomatiques accrédités en tant que partenaires agréés.
Le chef de la diplomatie guinéenne a par ailleurs replacé cette mesure dans le cadre plus large de la refondation de l’État, processus ayant conduit à l’adoption de la nouvelle Constitution et à l’organisation d’une élection présidentielle qu’il a qualifiée d’historique : « pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays, zéro mort et zéro blessé », une performance saluée, selon lui, par un soutien constant de la communauté internationale.
Devant les partenaires internationaux, le Chef de la Diplomatie guinéenne a insisté sur la légalité et la transparence de cette mesure, affirmant qu’elle découle d’un processus d’évaluation rigoureux mené par le Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD).
Pour le gouvernement, cette dissolution n’est pas une manœuvre politique ciblée, mais l’application stricte des textes en vigueur. « Le ministère de l’administration, du territoire et de la décentralisation à l’issue d’un processus d’évaluation transparent, objectif et rigoureux a procédé à la dissolution de 40 partis politiques, ne satisfaisant pas aux exigences prévues par la législation nationale. Il s’agit d’une décision impersonnelle et strictement fondée sur le respect de nos lois et règlements, répondant également aux attentes exprimées par nos populations et nos concitoyens lors de larges consultations populaires organisées à travers le pays dans le cadre de l’élaboration de la Constitution de la Ve République. Il est important de le savoir », a martelé le Chef de la Diplomatie guinéenne.
Le Ministre des Affaires Étrangères lie cette restructuration du paysage politique au processus plus large de refondation de l’État. Il a notamment mis l’accent sur le caractère pacifique des récentes étapes électorales.
« La refondation de l’État qui a conduit à l’élaboration et à l’adoption de la nouvelle Constitution ainsi qu’à l’organisation d’une élection présidentielle historique marquée pour la première fois dans l’histoire politique de notre pays de zéro mort et zéro blessé. C’est la première fois que notre pays organise des élections et qu’il y ait zéro mort et zéro blessé. Ce qui a bénéficié d’un soutien et de l’attention constante de la communauté internationale que vous représentez ici. Je voudrais vous en remercier », a-t-il lancé.
A deux mois des élections législatives, locales et sénatoriales prévues pour le 24 mai prochain, le gouvernement guinéen, par un arrêté ministériel, a pris la décision de dissoudre quarante partis politiques d’opposition dans le pays.
C’est sur les antennes de la télévision nationale que les responsables de ces partis ont appris la nouvelle dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 mars. Une décision signée du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé.
C’est une « décision injuste et injustifiée », fustige le président du Parti du renouveau et du progrès (PRP), Rafiou Sow qui s’est confié à BBC News Afrique ce dimanche matin, ajoutant qu’en tant acteur politique guinéen, « je continuerai à animer le débat politique de mon pays ».
C’est un « musèlement définitif de toutes les voix discordantes », a réagi Souleymane Souza Konaté, porte-parole de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), formation politique de Cellou Dalein Diallo.
V.A.



