La CAN tous les 4 ans, panacée pour arrêter la guéguerre sélections africaines-FIFA?

Les sélectionneurs qui ont vu leur programme de préparation complètement chamboulé, n’ont pas caché leur mécontentement.

Afriquinfos Editeur
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Le président de la Confédération africaine de football Patrice Motsepe (à gauche) tient le trophée avec le président de la FIFA Gianni Infantino, après la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2021 (DR, Middle East Eye).
Le président de la Confédération africaine de football Patrice Motsepe (à gauche) tient le trophée avec le président de la FIFA Gianni Infantino, après la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2021 (DR, Middle East Eye).

Le Caire © 2025 Afriquinfos)- Tous les deux ans, à l’approche de la CAN, la polémique sur la libération des joueurs africains évoluant dans les Championnats européens ressurgit. Cette édition 2025 au Maroc n’a pas dérogé à la règle. Avec le report par la FIFA de la date de libération des joueurs par les clubs! Aussi, en annonçant la reprogrammation de la CAN tous les 4 ans, la CAF souhaite pallier cela. Mais cette décision ne fait pas l’unanimité.

Cette fois encore, la CAF a dû se plier aux desideratas de la FIFA. Le 2 décembre, sous la pression des clubs européens, l’instance a annoncé que les joueurs africains ne seraient finalement libérés au plus tard que lundi 15 décembre – au lieu du 8 –, la date initialement choisie, sachant que la compétition débutait le 21 décembre.

Les joueurs, à qui on rappelle trop souvent que ce sont les clubs qui les paient, se retrouvent, eux, au milieu de cette guéguerre. Les sélectionneurs qui ont vu leur programme de préparation complètement chamboulé, n’ont pas caché leur mécontentement. «On se téléphone avec les joueurs, avec les directeurs sportifs, pour savoir ce qu’on peut faire, mais c’est très difficile, regrette Gernot Rohr. Mes joueurs aimeraient beaucoup venir dès le début. La CAN, c’est un événement exceptionnel pour eux. Les miens, ils ne jouent pas la Ligue des Champions. Ils n’ont pas l’équivalent au niveau des émotions, forcément, dans les clubs».

C’est sur ces entrefaites que le président de la CAF, Patrice Motsepe a annoncé la tenue de la CAN tous les 4 ans à partir de 2028. Si officiellement, cette démarche vise à harmoniser la compétition continentale avec le calendrier international, elle n’agrée pas tout le monde. Ces détracteurs y voient une nouvelle influence de la FIFA qui conduira à la perte d’identité de l’instance panafricaine.

Pour le journaliste français Gérard Dreyfus, la volonté de faire passer la CAN d’un rythme biennal à un rythme quadriennal n’a rien d’innocent. C’est une tentative de réduire la visibilité du football africain, de le rendre plus discret, plus docile, plus compatible avec les agendas européens et les logiques commerciales qui ne profitent qu’à quelques-uns. On voudrait que l’Afrique se contente des miettes, qu’elle renonce à son propre tempo, à sa propre dynamique, à sa propre fête, a commenté le confrère Gérard Dreyfus.

«La CAF doit tenir bon, refuser toute pression, et rappeler que la CAN n’est pas négociable. Elle n’a pas à être alignée sur un modèle européen ou sud-américain. Elle n’a pas à être «harmonisée» pour satisfaire les intérêts de clubs qui, depuis toujours, considèrent les joueurs africains comme des variables d’ajustement. La CAN appartient aux Africains. Elle doit rester à son rythme, à son image, à sa hauteur. Ceux qui veulent la réduire devraient commencer par respecter ce qu’elle représente», a poursuivi le fondateur du mensuel « Afrique Football ».

Boniface T.