Cela pourrait tout-à-fait s’apparenter à une aimable colonie de vacances dans la jolie province de Mpumalanga, à l’est de l’Afrique du Sud. Sauf qu’en l’occurrence, les enfants âgés de 13 à 19 ans, au lieu de jouer au football ou de monter un spectacle, suivent un entraînement militaire intensif assaisonné d’un endoctrinement politique aux saveurs d’extrême droite.
Franz Jooste, vétéran de guerre et fondateur du Kommandokorps, y enseigne que «à part les Aborigènes d'Australie, les Noirsafricains sont le peuple le plus sous-développé et barbareau monde ». Selon lui, cette affirmation se vérifierait scientifiquement : les Noirs auraient un cortex cérébral plus petit que les Blancs, les empêchant de gouverner correctement un pays.
D’après Jooste, 40% des jeunes adolescents sont là de leur propre chef, le reste étant envoyés sur l’initiative de leurs parents. Ces enfants, tous nés après l’apartheid, ne savent quasiment pas de quoi il s’agit, et leurs opinions politiques sont encore bien indécises. Mais après une semaine d’exercices harassants, de chant collectif de l’hymne de l’apartheid, d’actes symboliques de haine contre le système en place et d’apprentissage du maniement des armes, l’indécision et l’ignorance cèdent vite la place à une franche et massive conviction que le Noir est l’ennemi.
La Commission Sud-africaine des Droits de l’Homme (SAHRC) devrait mener une enquête afin de vérifier la légalité du Kommandokorps. En tout état de cause, une telle école du racisme représente un danger bien réel dans un pays où il y a à peine 15 ans sévissait encore la ségrégation raciale.



