John Mahama justifie son limogeage de la patronne de la Justice ghanéenne

Afriquinfos Editeur
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Le Président John Mahama (DR-John Dramani Mahama)

Accra (© 2025 Afriquinfos)- Nommée juge en chef du Ghana en juin 2023, par le président Nana Akufo-Addo, Gertrude Araba Esaaba Torkornoo également présidente de la Cour suprême, a été relevé de ses fonctions ce 1er septembre, avec effet immédiat par l’actuel Chef d’Etat ghanéen, John Dramani Mahama.

L’information a été rendue publique le lundi 1er septembre 2025 via un communiqué de la présidence. Cette décision fait suite aux conclusions d’un comité chargé d’enquêter sur une pétition demandant la destitution de la juge.

La présidence a déclaré que Mahama était tenu d’agir conformément aux recommandations du comité. Mais les critiques craignent que cela crée un précédent inquiétant et porte atteinte à l’indépendance de la justice.

Suspendue en avril 2025, Mme Torkornoo était devenue la première juge en chef en exercice à être écartée temporairement de ses fonctions dans l’histoire du pays, suite à plusieurs allégations, notamment pour mauvaise conduite et pour utilisation injustifiée de fonds publics lors de vacances familiales. Après examen, le comité a conclu que les motifs de mauvaise conduite invoqués, en vertu de l’article 146 (1), sont fondés et a recommandé sa révocation.

Lors d’une conférence de presse en juin dernier, elle avait contesté ces accusations dénonçant une atteinte à ses droits. Elle a par ailleurs saisi la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au Nigeria pour contester la légalité de la procédure et défendre l’indépendance du pouvoir judiciaire.

Cette révocation intervient dans un climat de restructuration au sein des institutions ghanéennes. En mars 2025, le président avait limogé le chef d’état-major des Formes armées du Ghana, le général Thomas Oppong-Peprah, ainsi que plusieurs hauts gradés de l’armée.

Elu président de la République en 2024, John Mahama a entrepris plusieurs mesures visant à réduire les dépenses publiques et à repositionner l’économie ghanéenne. Parmi elles figurent la réduction du nombre de portefeuilles ministériels, passé de 30 à 23, ainsi que la suppression des abonnements à la télévision par satellite pour les bureaux de la Présidence et d’autres installations gouvernementales.

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