Tripoli (Afriquinfos 2017) – L’Agence européenne en charge de la surveillance et du contrôle des frontières, Frontex, va rendre public prochainement un Rapport sur le nombre des migrants qui ont atteint l’Europe en 2016. Bien avant cette publication, Frontex a annoncé quelques chiffres par rapport à 2015, où ce sont 364.000 personnes (en moins) à être arrivées sur le continent européen.
Pour l’agence, c’est une conséquence directe de l’accord de reconduite à la frontière passé entre la Grèce et la Turquie. Cependant, le nombre de migrants qui tentent de traverser la Méditerranée depuis le continent africain a atteint des records. En l’espace d’un an, plus de 180.000 migrants ont risqué leur vie pour atteindre les côtes italiennes, au départ de la Libye ou de l’Égypte. Soit 20% de plus qu’en 2015, avec en toile de fond des passeurs toujours moins scrupuleux qui entassent sur des bateaux de 8 mètres, 140 parfois 160 hommes, femmes et enfants. Et ce sont souvent des Nigérians, Érythréens, Ivoiriens et des Guinéens.
Le drame aussi est que les passeurs ignorent le plus souvent les conditions météorologiques. Autrefois, ils faisaient passer les migrants dans les mois d’avril et d’août. Mais de plus en plus, de bateaux partent en hiver. Cependant, le passage par la Grèce a considérablement baissé. Car, la Turquie reçoit depuis mars dernier des indemnités financières en échange du maintien des réfugiés sur son territoire. Cela est également dû à un accord entre l’Union européenne et qui a découragé des milliers de Syriens, d’Afghans et d’Irakiens.
En conséquence, seules 180.000 personnes ont traversé la mer Égée ou la frontière terrestre devenue très contrôlée.
Selon Frontex, c’est une baisse de 80% par rapport à 2015, où 850.000 migrants étaient arrivés en Grèce. L’Agence européenne estime également que 503.700 personnes ont été arrêtées en tentant d’entrer illégalement en Europe par ses frontières externes. Depuis le 29 décembre dernier, quinze (15) bateaux et 293 gardes-frontières ont été déployés dans les îles grecques afin de contenir l’afflux de réfugiés. Pour cela, Frontex mobilise des moyens supplémentaires en mer Egée dans le cadre d’une nouvelle opération nommée «Poseidon Rapid».
Coordination pour des résultats
Ainsi le nombre de gardes-frontières déployés atteindra 300, puis, progressivement, jusqu’à 400. A cela, vont s’ajouter 15 nouveaux bateaux, des véhicules et d’autres équipements techniques pour aider les autorités grecques à gérer la pression migratoire.
Durant les cinq (05) prochaines années, l’Union européenne devrait pratiquement tripler le budget alloué à la surveillance de ses frontières extérieures. Aussi, une nouvelle Agence de surveillance des frontières devra-t-elle remplacera Frontex. Elle aura des tâches plus étendues et disposera d’un personnel permanent de 1.000 personnes à l’horizon 2020. Les pays membres de l’Union devraient mettre à sa disposition au moins 1.500 gardes-frontières, mobilisables en cas de besoin.
ANANI GALLEY



