Conakry (© 2024 Afriquinfos)- En Guinée, les organisations de défense des droits de l’homme affichent leur inquiétude sur le sort de deux activistes enlevés à Conakry le 9 juillet 2024. Cela fait en effet ce vendredi 18 octobre, 100 jours que les deux leaders, du Front national pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été embarqués par des inconnus et que leurs proches n’ont plus aucune nouvelle d’eux.
Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, et de Mamadou Billo Bah, deux activistes opposés au régime militaire de Conakry, ont disparu depuis 100 jours. Selon la description faite de leurs enlèvements dans le communiqué datant du 18 juillet 2024 de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains : « Dans la nuit du 9 au 10 juillet 2024, Mamadou Billo Bah et Oumar Sylla ont été brutalement arrêtés au domicile d’Oumar Sylla à Conakry par un contingent d’éléments mixte des Forces spéciales et du Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationales (GIGN) encagoulés et armés, dont certains étaient en tenue civile. Messrs Billo Bah et Sylla ont reçu des coups de poings et de pieds au visage et ont été traînés au sol jusqu’aux véhicules militaires blindés du contingent. A 23h le même soir, Mamadou Billo Bah et Oumar Sylla ont été emmenés au siège de la Direction centrale des investigations judiciaires de la Gendarmerie à Kaloum. Aux alentours de minuit, ils ont été transférés au camp des Forces spéciales de l’île de Kassa, au large de Conakry, au sein duquel ils ont fait l’objet de multiples insultes et ont été frappés à coup de fusils durant leurs interrogatoires ».
Dans la foulée, « le 17 juillet 2024, le Procureur général près la Cour de d’appel de Conakry a affirmé dans un communiqué organe d’enquête n’a procédé à aucune interpellation ou arrestation de qui que ce soit » et « qu’aucun établissement pénitentiaire du pays ne détient ces personnes faisant objet d’enlèvement », et a annoncé l’ouverture d’une enquête », poursuit l’Observatoire.
Depuis plus aucune nouvelle des deux activistes malgré les appels à leur libération par les ODDH ou encore le Conseil des avocats de Guinée qui a boycotté des audiences judiciaires pour faire pression sur les autorités de Conakry. Dans une déclaration commune, le 10 octobre, le Groupe de travail sur les disparitions forcées de l’ONU et la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples affichent leurs « craintes grandissantes » sur les risques de torture, de mauvais traitements, et même d’exécutions extrajudiciaires que pourraient subir Foniké Menguè et Mamadou Billo Bah.
De nombreuses organisations africaines et internationales comme Y’en a marre, Africtivistes ou Amnesty International, des États-Unis, du Royaume-Uni, ont joint leurs voix pour exiger que les deux activistes soient retrouvés et relâchés. Une plainte contre Mamadi Doumbouya, chef de la junte du CNRD, a été déposé à Paris par les épouses de Foniké Menguè et Billo Bah, pour « disparition forcée ».
S.B.



