Une organisation de défense des droits civiques a lancé vendredi une pétition pour réclamer la destitution du président sud-africain Jacob Zuma en raison d'un scandale de corruption impliquant sa résidence à Nkandla.
Le Comité pour la destitution du président (CIP, selon l'abré viation anglaise) a mis en ligne cette pétition sur son site Internet « Change.org », réclamant des mesures pour que le pré sident ait à répondre des fonds publics qu'il a détournés pour ré nover sa résidence rurale à Nkandla dans la province du KwaZulu- Natal.
Cet appel fait suite à la publication vendredi par le journal Mail & Guardian d'un reportage révélant que le gouvernement a dépensé au moins 200 millions de rands (20 millions de dollars) pour la rénovation de la résidence à Nkandla de M. Zuma. Ce rapport a été préparé par la défenseure des intérêts publics (public protector) Thuli Madonsela et transmis au journal par une fuite d'information.
« Le rapport de la public protector sur Nkandla prouve que le président Zuma a menti au Parlement et détourné pour son bénéfice personnel plus de 200 millions de rands de fonds publics », affirme le CIP.
« De plus, il est intervenu personnellement de manière illicite en nommant son propre architecte plutôt que ceux déjà employés par le département des travaux publics », souligne le comité.
Zuma devrait faire immédiatement l'objet d'une destitution et de poursuites, conclut-il. Le gouvernement a justifié cette rénovation comme nécessaire pour la sécurité d'un chef d'État.
Toutefois, dans son rapport, Mme Madonsela a déclaré avoir découvert parmi les frais la construction d'une piscine, d'un centre pour les visiteurs, d' un amphithéâtre, de nouveaux logements pour ses proches, et d'autres installations inappropriées, pour « un coût énorme » puisque le budget de cette rénovation est passé de 27 millions de rands au départ à 215 millions de rands (respectivement 2,7 et 21, 5 millions de dollars environ), tandis que des travaux repré sentant 31 millions de rands (environ 3,1 millions de dollars) restent en suspens.
Le rapport de Mme Madonsela recommandait que le président doive répondre devant le Parlement pour manquement au code déontologique du pouvoir exécutif selon deux infractions, selon le Mail & Guardian. Ces infractions comprenaient la non-protection des ressources publiques, et la tromperie du Parlement, en faisant croire que lui et sa famille avaient payé toutes les installations ne dépendant pas de la sécurité.



