Gbiniyiri (© 2025 Afriquinfos)- Des conflits fonciers le Ghana en a connu plusieurs, mais des conflits provoquant en quelques jours près d’une trentaine de morts et 50 000 personnes déplacées, le pays en a connu très peu. C’est pourtant ce qui est arrivé dans le nord du pays, plus précisément dans le village de Gbiniyiri, dans la région des Savanes, près de la frontière ivoirienne. La vente d’un terrain par un chef local indélicat a provoqué un déchainement de violences meurtrières qui ont nécessité le déploiement de 700 militaires et policiers pour rétablir l’ordre.
Un calme précaire règne à Gbiniyiri dans le Nord du Ghana après des violences intercommunautaires qui ont débuté le 24 août dernier. Tout est parti de la vente d’un terrain par un chef local à un promoteur privé, sans le consentement de la communauté concernée. Lorsque le promoteur a tenté d’accéder au terrain pour entamer les travaux, la population locale a violemment résisté, jusqu’à incendier le palais du chef à l’origine de la vente. Bilan des heurts, 31 personnes décédées et 48 000 personnes, des femmes et des enfants, qui ont dû quitter leurs villages pour fuir les violences. Ils ont notamment trouvé refuge en Côte d’Ivoire.
Pour ramener le calme, les autorités sécuritaires du pays ont dû intervenir. Selon le ministre de l’intérieur, Mubarak Muntaka, s’exprimant sur une radio locale, plus de 700 militaires et policiers ont été déployés au cours des derniers jours et un couvre-feu a été instauré. Depuis, les violences ont cessé et les déplacés retrouvent progressivement leurs domiciles.
Les autorités craignent des pénuries alimentaires, après que des familles ont abandonné dans leur exode fermes et bétail. Un comité d’enquête a été mis en place pour examiner les causes de ces violences et œuvrer à la réconciliation.
S.B.



