Gambie/Tollé après l’excision d’un bébé: Police très ferme à l’égard des actrices présumées!

Réaction de la Police après l'excision mortelle d'un bébé

Afriquinfos Editeur
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Dénonciation de MGF en Gambie en juillet 2024
Dénonciation de MGF en Gambie en juillet 2024.

Trois femmes ont été inculpées après le décès d’un bébé d’un mois ayant subi une excision, suscitant l’indignation dans ce pays où la pratique est interdite depuis 2015, a annoncé ce 13 aout la Police dans un communiqué.

La petite fille a été déclarée morte à son arrivée à l’hôpital de Banjul, la capitale, après avoir « subi une excision présumée » et avoir été victime d’une hémorragie importante, avait annoncé la Police gambienne dimanche, 10 aout. Les faits se sont déroulés dans la ville de Wellingara (ouest) et la date exacte du décès du bébé n’a pas été communiquée par les autorités. L’excision est illégale depuis 2015 mais est encore largement pratiquée dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest. L’une des trois femmes a été inculpée pour excision interdite, « a été placée en détention provisoire » par le tribunal de Brikama (ouest) avec une peine de « prison à perpétuité » encourue, a indiqué la Police gambienne.

(Photo d'archives) Manifestation contre les mutilations génitales féminines devant l'Assemblée nationale de Gambie, le 18 mars 2024 à Banjul.
(Photo d’archives) Manifestation contre les mutilations génitales féminines devant l’Assemblée nationale de Gambie, le 18 mars 2024 à Banjul.

Deux autres femmes, accusées de « complicité de MGF (Mutilation génitale féminine) » ont été libérées sous caution, selon la Police. Ce décès a provoqué la colère des défenseurs des droits des femmes qui luttent contre cette pratique culturelle et religieuse profondément ancrée, et qu’ils considèrent comme une violation dangereuse des droits des femmes et des filles. La Gambie affiche l’un des taux de MGF les plus élevés au monde: 73% des femmes et des filles âgées de 15 à 49 ans en ont subies, selon les chiffres de l’Unicef de 2024.

Des manifestants opposés aux mutilations génitales féminines devant l'Assemblée Nationale à Banjul, le 18 mars 2024.
Des manifestants opposés aux mutilations génitales féminines devant l’Assemblée Nationale à Banjul, le 18 mars 2024.

Des chercheurs de l’Université britannique de Birmingham ont estimé, dans une étude publiée en 2023, qu’environ 44.320 filles et jeunes femmes meurent chaque année des suites de MGF dans les pays où elles sont pratiquées. Les MGF incluent l’ablation partielle ou totale du clitoris (excision), ou plus largement des organes génitaux externes, ou tout autre blessure des organes génitaux. Outre la douleur et le traumatisme, elles peuvent avoir d’autres graves conséquences: infections, hémorragie et, plus tard, stérilité et complications lors de l’accouchement ou après. L’ancien dictateur gambien Yahya Jammeh (1994-2017), aujourd’hui en exil en Guinée équatoriale, a interdit les MGF en 2015, estimant qu’elles étaient dépassées et ne constituaient pas une exigence de l’islam, religion de l’immense majorité de la population.

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