N’Djamena (© 2026 Afriquinfos) – Le 13 avril 1975 reste une cicatrice ouverte dans la mémoire nationale tchadienne. Ce jour-là, François Ngarta Tombalbaye, premier président du Tchad indépendant, est assassiné lors d’un coup d’État militaire à N’Djamena. Sa mort met brutalement fin à quatorze années de pouvoir, entamées le 11 août 1960, jour de l’indépendance.
Issu de l’ethnie Sara, Ngarta Tombalbaye avait grandi dans la région du Moyen-Chari. Instituteur de 1942 à 1947, il entre dans le mouvement du Parti Progressiste Tchadien, section locale du Rassemblement Démocratique Africain. Il avait été élu successivement Conseiller territorial du Moyen-Chari en 1952, vice-président du Grand Conseil de l’Afrique-Equatoriale Française en 1957, président du Conseil des ministres en 1959 et enfin président de la République le 12 août 1960 à l’issue des négociations avec la France, qu’il a conduites et qui ont abouti à l’indépendance du Tchad.
Figure fondatrice de l’État tchadien moderne, Tombalbaye fut aussi l’un des 33 pères de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA). Un parcours qui lui vaut encore aujourd’hui une place dans l’histoire du continent. Pourtant, son bilan reste profondément contrasté : salué pour son rôle dans la décolonisation, il est également critiqué pour sa dérive autoritaire et sa gestion répressive des crises régionales.
Dans les années 1970, François Tombalbaye critique les performances de l’armée nationale tchadienne dans la guerre civile, ce qui va irriter le corps des officiers et dissiper leurs loyautés. En mars 1975, il ordonne l’arrestation de plusieurs officiers supérieurs comme suspects dans une tentative de putsch. C’est alors que ces forces tchadiennes se retournèrent contre lui et il fut assassiné lors d’un coup d’Etat le 13 avril 1975 à N’djamena.
Cinquante et un ans plus tard, le 13 avril rappelle la fragilité des débuts de la République tchadienne. Au-delà des clivages, c’est un appel à préserver la mémoire collective pour mieux bâtir l’avenir.
Yaëlle L.



