Fin du 9è Congrès sur le panafricanisme à Lomé avec un appel à un autre multilatéralisme contemporain

Afriquinfos Editeur
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Komi Sélom Klassou (DR-Diplomatie Togolaise)

Lomé (© 2025 Afriquinfos)- Le 9 ème Congrès Panafricain de Lomé placé sous le thème: “Renouveau du panafricanisme et rôle de l’Afrique dans la réforme des Institutions multilatérales: mobiliser les ressources et se réinventer pour agir’’, a pris fin ce 12 décembre 2025.

Prenant la parole lors de la cérémonie de clôture, au nom du Président du Conseil, Faure Gnassingbé, le Président de l’Assemblée Nationale, Komi Sélom KLASSOU a déclaré que ‘’la fin des travaux n’est pas seulement une fin, c’est aussi un nouveau, en effet de l’hommage, avec une vision claire des voies à prendre pour une Afrique réinventée, fière et respectée’’. «Nous sommes tous appelés à promouvoir l’identité africaine et à créer des ponts d’inclusion et de solidarité entre l’Afrique et sa diaspora, y compris les Afrodescendants.», a-t-il en outre souligné, avant de conclure : ‘’N’ayons pas le triomphe de trop mourir. Le 9e congrès, nous avons enfin réussi à revisiter notre lien et notre appartenance à notre chère Afrique’’.

Ouvert à Lomé depuis le 8 décembre, le 9ᵉ Congrès panafricain s’impose d’ores bat toujours son plein. Pendant plusieurs jours, des délégations venues de tous les horizons du monde, d’Afrique, des Caraïbes, d’Amérique du Nord, d’Europe, d’Amérique latine et des communautés afrodescendantes, ont convergé vers la capitale togolaise pour prendre part à ce grand rendez-vous dédié au renouveau du panafricanisme.

Universitaires, responsables politiques, leaders d’opinion, entrepreneurs, membres de la société civile, artistes et représentants de la jeunesse ont répondu massivement présents, témoignant d’un engouement inédit autour de la question de l’unité africaine et de la renaissance culturelle du monde noir.

Dès l’ouverture de la rencontre, les travaux se sont structurés autour de commissions thématiques, panels de haut niveau, ateliers de réflexion et forums citoyens, donnant lieu à des échanges francs et constructifs, orientés non vers de simples constats, mais vers la formulation de propositions concrètes à inscrire dans des politiques publiques et dynamiques de coopération.

Les discussions se sont concentrées sur les réformes en cours au Conseil de sécurité des Nations unies, au FMI, à la Banque mondiale et à l’Organisation mondiale du commerce. Les participants ont souligné les limites d’un système multilatéral jugé peu représentatif des réalités économiques et démographiques du continent.

Ils ont également examiné les perspectives de renforcement du Comité des dix de l’Union africaine, chargé de défendre la position africaine dans les négociations internationales.

Le Président du Conseil a souligné l’importance d’un panafricanisme pragmatique et exigeant pour unir les peuples africains et africains. Faure Gnassingbé a indiqué que l’Afrique ne peut plus se contenter d’occuper une place subalterne dans un ordre international hérité de la guerre froide et consolidé sans elle. La réforme des institutions multilatérales, a insisté le dirigeant togolais, n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale pour le continent, appelé à peser enfin sur les règles qui le gouvernent.

Dans son intervention le Ministre togolais des Affaires étrangères, le professeur Robert Dussey, a posé un jalon doctrinal rarement articulé avec une telle netteté : « Ne confondons pas le panafricanisme et le nationalisme. » Pour le chef de la diplomatie togolaise, le panafricanisme est historiquement antérieur aux indépendances et, surtout, extérieur au cadre des États africains contemporains. « L’idée est née chez les Afro-descendants, et non des Africains », a-t-il rappelé, soulignant que ce sont les descendants d’esclaves, au Brésil, dans les Caraïbes ou en Amérique du Nord, qui ont forgé le projet panafricain comme une réponse globale à un système global d’oppression.

Le Congrès a mis l’accent sur la mobilisation souveraine des ressources et le développement autocentré, durable et inclusif.

Les participants ont été encouragés à occuper une place centrale dans les discussions, en mettant l’accent sur les défis de santé publique, de sécurité alimentaire et de coopération économique.

Le Congrès a également souligné l’importance de la décolonisation mentale et identitaire, ainsi que la valorisation des cultures africaines.

Ces interventions ont été partagées lors de panels de haut niveau et d’échanges dans huit commissions thématiques, permettant aux participants d’échanger sur des questions cruciales pour l’Afrique.

Vignikpo Akpéné