Les excréments humains : Solution à la crise alimentaire

Afriquinfos Editeur
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D’après le Conseil de Recherche Scientifique et Industriel, encore aujourd’hui, 13,3 millions de sud-africains n’ont pas accès aux services sanitaires. Les latrines à fosse installées à travers le pays sont trop vite saturées. Seules un tiers des municipalités a les moyens de fournir des toilettes privés pour chaque maison.

Certains scientifiques se sont penchés sur le problème : pourquoi ne pas utiliser ce surplus d’excréments humains pour fertiliser les arbres fruitiers et, ainsi, solutionner le problème de crise alimentaire ? L’utilisation de citernes, pour vider les latrines, est souvent difficile du fait de problèmes d’accessibilité et à cause d’objets suspects retrouvés dans les latrines.

Les excréments humains ont une valeur nutritive permettant de les utiliser comme engrais, grâce à leur teneur en azote, phosphate et potassium. Une personne fournit à elle seule, en un an, de quoi fertiliser 300 à 400 mètres carrés de cultures. Cependant, l’utilisation d’excréments comme fertilisants peut être dangereuse car ils contiennent des agents pathogènes, surtout s’ils se trouvent à la surface, près de produits comestibles. Par ailleurs, il y a un risque qu’ils contaminent les eaux souterraines, en s’infiltrant dans le sol.

Afin de résoudre ces problèmes, des chercheurs ont fait des expériences. Voici leur découverte : ils ont creusé des trous sur 75 cm de profondeur qu’ils ont ensuite remplis d’excréments. Ainsi, si on enterre les excréments humains et que l’on plante ensuite par-dessus, les agents pathogènes restent contenus dans le sol et finissent par disparaitre.

Pour vérifier la présence de substances pathogènes, les scientifiques examinent la présence d’œufs de verres de terre. Si des œufs de lombrics sont découverts, cela signifie que les excréments contiennent des substances dangereuses. Les eaux souterraines environnant le site expérimental ont également été vérifiées. Dans les sols profonds, aucun résidu n’a été trouvé alors que dans les sols peu profonds, il y avait une augmentation des concentrations de nitrates dans les eaux. Ainsi, les endroits idéals pour appliquer cette méthode doivent être des terrains plats et profonds.

Les expériences ont montré que les arbres plantés avec ces engrais sont plus grands, ont un volume supérieur de 80% et fournissent davantage de fruits. Par ailleurs, les fruits issus des arbres traités aux excréments sont meilleurs et plus gros. Le problème avec cette méthode : son coût, qui est beaucoup plus élevé. Les coûts de préparation des terrains sont 30 fois plus élevés que les pratiques forestières traditionnelles. Ainsi, cette solution, bien qu’exceptionnelle, ne serait pas viable commercialement. Néanmoins, cette technique d’utiliser les excréments humains comme fertilisant permettrait d’améliorer la sécurité alimentaire et d’assainir les villes.