Ere post-Covid-19 en Afrique: Le Sommet de Paris a recentré l’attention mondiale sur les économies africaines

Afriquinfos Editeur
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Paris (© 2021 Afriquinfos)- Initiative du Président français pour renforcer les investissements en Afrique alors que le continent fera face à un déficit de près de 300 milliards de dollars d’ici fin 2023 (après avoir subi une récession économique l’an dernier), le Sommet de Paris de ce 18 mai 2021 a interpellé le monde entier sur la situation post-Covid-19 du continent.

  Les pays d’Afrique ne doivent pas être abandonnés et un important soutien financier est indispensable pour relancer leurs économies frappées par la pandémie du coronavirus, ont déclaré mardi dernier plusieurs dirigeants africains et européens en conclusion du Sommet ad hoc.

  Alors que la plupart des régions du monde lancent en ce moment de vastes plans de relance, pour faire face à la période post-Covid-19, nombre d’économies africaines sont à la traine parce qu’elles ne possèdent ni des capacités suffisantes ni d’instruments similaires pour faire de même.

«Nous, les dirigeants participant au Sommet, en présence d’organisations internationales, ambitionnons de répondre aux besoins de financement immédiats, d’améliorer la capacité des gouvernements africains à soutenir une relance économique vigoureuse et durable, et de renforcer le secteur privé africain dont le dynamisme représente un facteur de croissance à long terme pour le continent», mentionne le Communiqué final de la rencontre.

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  Et donc, la priorité pour l’heure est de vaincre la pandémie. Pour ce faire, les décideurs appellent à un accès équitable en Afrique à des vaccins, grâce au COVAX, ainsi qu’à l’initiative AVATT de l’Union Africaine. Ils lancent un appel fort afin  que «l’Afrique reçoive davantage de vaccins, et que les moyens soient mis en place pour permettre une production locale des vaccins sur le continent».

  Nécessité de créer un espace budgétaire aux économies africaines

  La pandémie fera tomber 39 millions d’Africains dans l’extrême pauvreté et de nombreux pays africains sont sous la menace d’un surendettement, selon la BAD (Banque africaine de développement). D’où l’urgence d’agir en mettant en place une stratégie économique.

  Outre donc la priorité absolue de lutter contre la pandémie, les participants au Sommet parisien envisagent une réponse en deux étapes: répondre aux besoins de financement immédiats et renforcer le secteur privé, qui selon eux représentera un facteur de croissance à long terme.

  De son côté, le FMI (Fonds monétaire international) estime que jusqu’à 285 milliards de dollars (233,3 milliards d’euros) de financements supplémentaires sur la période 2021-2025 seront nécessaires aux pays africains, pour renforcer la réponse apportée à la pandémie, indique le Communiqué publié à l’issue du sommet.

  Les discussions durant le rendez-vous du 18 mai ont également porté sur la réaffectation des réserves du FMI (DTS ou Droits de tirage spéciaux) des pays riches vers les économies en développement. «Nous sommes réunis ici pour inverser ce qui s’est développé, un décalage très risqué entre les économies avancées et les pays en développement, en particulier en Afrique», a insisté Kristalina I. Georgieva, Directrice du FMI. Selon elle, le PIB (Produit intérieur brut) en Afrique va croître de seulement 3,2% cette année contre 6% dans le reste du monde.

 En avril dernier, les ministres des Finances et Gouverneurs de Banques centrales du G20 ont soutenu un renforcement à hauteur de 650 milliards de dollars de ces réserves et une prolongation d’un moratoire sur le remboursement de la dette des pays les plus pauvres face à la crise du coronavirus.

La France plaide pour un New Deal innovant

  Mais alors que seulement 34 milliards de dollars de réserves seront allouées à l’Afrique, Emmanuel Macron a formulé le vœu que ce montant passe à 100 milliards de dollars, en annonçant que la France et le Portugal avaient déjà décidé de réallouer leurs DTS.

  «Nous sommes prêts à réallouer les DTS (afin de) constituer un tour de table qui s’élève à au moins 100 milliards pour l’Afrique», s’est voulu volontariste le chef de l’Etat, ajoutant espérer qu’un accord puisse être conclu entre juin et octobre prochains.

  D’après Emmanuel Macron, un « New Deal » est nécessaire pour l’Afrique afin d’apporter au continent une bouffée d’air frais. «C’est une grande opportunité (…) de voir comment nous pouvons lever des fonds pour sauver l’Afrique qui a été très durement touchée par cette pandémie», a noté pour sa part Félix Tshisekedi, président de la République démocratique du Congo et Président en exercice de l’Union africaine.

  Akpene V.