Elliott Ohin appelle à une alternance pacifique au Togo, et déclenche une énième guerre à l’UFC

Afriquinfos Editeur
5 Min de Lecture
Elliot Ohin (DR)

Lomé (© 2026 Afriquinfos)- Alors qu’il appelait ce dimanche 17 mai 2026 tous les togolais à unir leur forces et leurs voix pour  l’obtention d’une l’alternance pacifique, l’ancien ministre et figure politique Elliott Ahlin Ohin ainsi que trois autres ont été définitivement exclu de leur parti, l’Union des Forces de Changement (UFC), ce 18 mai 2026.

Dans un entretien radiophonique diffusé par un media local le 13 mai dernier, M. Ohin affirmait des propos selon lesquels il demeure le vice-Président de l’Union des Forces du Changement, l’un des plus anciens partis de l’opposition togolaise.

Il dénonçait par cette même occasion ‘’une corruption et une mauvaise gouvernance’’ orchestré selon lui par l’actuel appareil étatique. L’ancien ministre des Affaires étrangères de 2010 à 2013, puis ministre de la Réforme de l’État et de la Modernisation de l’administration estime aussi qu’il est ‘’temps que d’autres partis prennent les commandes du pays.’’

S’agissant des rapports qu’il entretient avec l’UFC, Elliot Ohin n’est pas allé par quatre chemins. ‘’L’UFC et moi c’est le jour et la nuit. Alors, on attend que la nuit passe pour voir le jour. Le Jour et la nuit ne peuvent pas partager les mêmes principes et idéologies’’, a-t-il affirmé à plusieurs reprise. Cependant, il a assuré entretenir de bonnes relations avec Gilchrist Olympio, l’ancien leader et fondateur du parti, avec qu’il s’est entretenu récemment à Paris.

Mais quelques jours après cet entretien, l’homme politique s’est vu notifier sa radiation au sein du parti.  A l’issue d’une session extraordinaire le lundi 18 mai 2026 à Lomé. 

Le bureau directeur de l’UFC a prononcé l’exclusion de l’ancien ministre et figure politique ainsi que celle de quatre autres. La décision a été officialisée dans un communiqué signé par le 2ᵉ vice-président de la formation, Sena Alipui.

Selon le document, cette sanction fait suite à l’examen des « propos et agissements » des intéressés au regard des textes internes du parti. Le bureau directeur affirme s’être appuyé sur l’article 47 des statuts ainsi que sur l’article 26 du règlement intérieur de l’UFC, dispositions qui prévoient l’exclusion d’un membre lorsque ses actes compromettent « durablement les intérêts, la discipline et l’unité du parti ».

Accusé de ‘’violations’’

Les personnes visées par cette mesure sont Esther Adigo, Bismarck Aboda, Fada Adzrakou et Elliott Ahlin Ohin. Dans son communiqué, la direction de l’UFC accuse les trois premiers de « transhumance politique », un terme régulièrement utilisé dans le paysage politique togolais pour désigner des militants ou cadres soupçonnés de rapprochement avec d’autres formations politiques ou de prises de position jugées incompatibles avec la ligne du parti.

Le cas d’Elliott Ahlin Ohin apparaît toutefois plus sensible politiquement. Ancien secrétaire général de l’UFC et figure historique du parti fondé par Gilchrist Olympio, il est accusé par la direction de « violations répétées des statuts et dispositions du règlement intérieur », mais aussi d’« actes d’indiscipline et de sabotage de l’action du parti ». Des griefs lourds qui traduisent l’ampleur des tensions internes au sein d’une formation politique dont l’influence s’est progressivement réduite au fil des recompositions de l’opposition togolaise.

Longtemps considérée comme la principale force de l’opposition au Togo, l’UFC a connu un tournant majeur après l’accord de coopération signé avec le pouvoir en 2010, décision qui avait provoqué des fractures durables dans ses rangs et favorisé l’émergence de nouvelles formations politiques concurrentes. L’exclusion d’Elliott Ahlin Ohin, personnalité historique du parti, illustre ainsi les difficultés persistantes de l’UFC à préserver son unité dans un paysage politique togolais en constante recomposition.

À ce stade, les militants concernés n’ont pas encore officiellement réagi à leur exclusion.

Vignikpo Akpéné