L’opposant camerounais Maurice Kamto a officiellement déposé sa candidature à l’élection présidentielle prévue le 12 octobre au Cameroun, selon une liste diffusée ce 18 juillet par Elecam, l’organe chargé de l’organisation du scrutin.
Ancien candidat et président du MRC (Mouvement pour la renaissance du Cameroun) à la présidentielle de 2018, Maurice Kamto se présente cette fois sous la bannière du MANIDEM (Mouvement Africain pour la Nouvelle Indépendance et la Démocratie), un parti d’opposition à la fibre panafricaniste fondé dans les années 1990.
Cette décision s’explique par une disposition du Code électoral qui exige des partis souhaitant participer à l’élection présidentielle de disposer d’élus au Parlement ou dans les conseils municipaux, or le MRC de Kamto avait boycotté les dernières élections législatives et municipales en 2020. Le parti avait toutefois contesté cette lecture du droit électoral, arguant que certains élus issus d’autres formations politiques, notamment du SDF (Social Democratic Front, ou Front social-démocrate en français), ayant rallié ses rangs, pouvaient lui permettre de satisfaire aux exigences légales.

Interrogé par une télévision locale, le président du MANIDEM, Anicet Ekanè a affirmé que M. Kamto « va démissionner du MRC pour intégrer ce parti ». Farouche opposant au Président sortant Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 1982, M. Kamto, 71 ans, avait rassemblé 10.000 personnes à Paris en mai dernier, selon les organisateurs. « Quand vous m’aurez fait l’insigne honneur de me confier les rênes, vous pouvez être sûr que rien n’arrivera à M. Biya et sa famille. Rien. Je m’en porte garant, je n’ai pas le temps pour la haine. J’ai le temps pour bâtir le Cameroun avec vous », avait-il déclaré.
Dix-neuf personnes ont officiellement déposé leur dossier de candidature à l’élection présidentielle, selon la liste publiée par ELECAM. Parmi elles figure le Président sortant Paul Biya, investi par le RDPC (Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais). Fait notable: un second candidat, Onana Léon Theiler, se présente également sous l’étiquette du RDPC, une situation inhabituelle pour le parti au pouvoir, traditionnellement représenté par un seul candidat.
Les candidats ont jusqu’au 21 juillet pour déclarer leur candidature à cette élection. Les candidatures définitivement validées par ELECAM devraient être annoncées au début du mois d’août.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



