Dakar (© 2025 Afriquinfos)- La traque contre les narcotrafiquants dans le Golfe de Guinée requiert une coordination internationale, autant entre les marines des pays riverains qu’entre les services de sécurité de pays européens. Une collaboration indispensable pour mettre hors d’état de nuire des acteurs de ce trafic aux nationalités très variées.
C’est attesté par de nombreux rapports, le Golfe de Guinée et plus généralement l’Afrique de l’Ouest et ses Ports sont devenus la plaque tournante du trafic international de stupéfiants et autres activités illicites ces dernières années. La proportion de la drogue transitant par la région ouest-africaine pourrait atteindre 50% de la consommation européenne d’ici 2030, le Port de Dakar étant identifié comme le hub le plus stratégique pour l’exportation vers l’Europe. Notamment l’Espagne, peut-on lire dans le rapport «Under the Radar: Western Balkans’ Cocaine Operations in West Africa» de la Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC).
Aux manettes de ces trafics illicites, GI-TOC pointe du doigt, les réseaux des Balkans occidentaux, en alliance avec le PCC brésilien, exploitent ports et infrastructures au Sénégal, en Guinée-Bissau et en Sierra Léone, tandis que les clans monténégrins Kavač et Škaljari et des acteurs albanophones basés à Dubaï utilisent la région comme plateforme logistique vers l’Europe, l’Asie et l’Australie.
Une coopération des réseaux criminels qui nécessite une riposte tout aussi coordonnée. La récente saisie en septembre 2025 de 9,6 tonnes de drogue dans la cadre de l’opération Corymbe est l’illustration de cette coordination internationale pour endiguer le fléau.
L’intervention a en effet pu avoir lieu grâce à l’exploitation d’un renseignement opérationnel recueilli par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED), mais aussi le soutien du Maritime Analysis and Operations Centre (Narcotics) (MAOC-N), de l’Office antistupéfiants (OFAST) et de la National Crime Agency (NCA) britannique.
S. B.



