Les diamants de la colère

Afriquinfos Editeur
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Un exemple flagrant : le luxueux hôtel Golden Peacock Villa, situé près de Mutare, a été construit par le mineur sino-zimbabwéen Anjin, qui n’a pas reversé un centime à l’Etat en 2012. Une nuit dans cet hôtel somptueux coûte entre 110 et 720 euros, alors que le salaire moyen d’un fonctionnaire zimbabwéen ne dépasse pas les 300 euros par mois. Le complexe, inauguré le mois dernier par le président Robert Mugabe, est situé sur une piste d’atterrissage, permettant un accès privilégié aux très controversées mines de Chiadzwa, situées à une centaine de kilomètres. Fin 2008, l’armée, sous le contrôle de Mugabe, a expulsé par la force des centaines de mineurs illégaux de la zone de Chiadzwa, après avoir découvert un champ de baobabs parsemé de diamants. C’était alors le début de la course aux diamants.

D’après des associations de défense des droits de l’Homme, 200 personnes ont péri dans ces opérations. L’Etat affirme qu’il était nécessaire de se servir de ce gisement de pierres précieuses pour reconstruire l’économie du pays.  Cependant, d’après le ministre des finances et membre de l’opposition Tendai Biti, les bénéfices générés par l’exploitation des mines de diamants ne profitent en rien au pays. Sur 456 millions d’euros de bénéfices, seuls 20,3 millions d’euros ont été récoltés dans les quatre mines opérationnelles de Chiadzwa. Le gouvernement justifie cette différence par le remboursement du prêt de 80 millions d’euros concédé par la Chine au Zimbabwe en 2011. Cet argent aurait été prêté, sur une durée de 7 ans, par la Chine dans le but de construire une Ecole Nationale de la Défense.

Par ailleurs, le patrimoine des hauts fonctionnaires de l’Etat s’est multiplié de façon exponentielle grâce aux diamants. Le ministre des mines, Obert Mpofu, qui a récemment acquéri une banque, en est le parfait exemple. La presse étatique estime le coût de cette banque, la Zimbabue Allied Banking Group, est estimé à 18,5 millions d’euros alors que le salaire du ministre ne dépasserait pas les 650 euros par mois. Le ministre, qui ne devrait pas avoir un tel pouvoir d’achat, explique qu’il est dans le monde des affaires depuis l’âge de 20 ans et donc qu’il a gagné suffisamment d’argent pour pouvoir se permettre une telle acquisition. Autre exemple, le président du Conseil d’Administration de Mbada Diamonds, entreprise qui exploite également les mines de Chiadzwa, a déboursé 19,6 millions d’euros pour une maison sur la côte sud-africaine.

Le plus préoccupant est les relations étroites qui lient l’armée sous le contrôle de Mugabe et les entreprises minières. La victoire de Mugabe aux prochaines élections bénéficierait donc à l’armée, qui pourrait alors recevoir d’énormes augmentations de revenus sous forme de diamants.