Paris (© 2026 Afriquinfos)- La 3ème édition de la Coupe du monde d’E-sport s’est achevée dimanche le 23 août à Paris et a selon les organisateurs, tenu toutes ses promesses avec à la clé, une dotation record de 75 millions de dollars. Une manne financière et une exposition mondiale qui profitent très peu aux gamers africains. Le manque d‘investissements, de compétitions structurées et de volonté politique, font du continent, le parent pauvre de l’E-sport mondial.
Du 6 juillet au 23 août, plus de 2 000 joueurs représentant 200 clubs issus de plus de 100 pays se sont affrontés dans 25 tournois et 24 jeux, lors de la 3ème édition de l’Esports World Cup (EWC). Les meilleurs joueurs de la planète se sont défiés pendant près de sept semaines sur différents titres comme League of Legends, Dota 2, Rocket League ou encore Tekken.
Pour son apothéose dimanche, la finale de Counter-Strike a même eu droit à l’Accor Arena de Bercy, tandis que la cérémonie de clôture a eu lieu au Grand Palais. Dans un faste grandiose, l’équipe chinoise All Gamers a reçu le trophée de la victoire des mains d’Emmanuel Macron et de Cristiano Ronaldo, sous les yeux du prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, en visite diplomatique à Paris.
Une compétition pharaonique et une présence de personnalités qui dénotent de l’essor de l’E-sport. Son chiffre d’affaires dépasse les 200 milliards de dollars, soit près de dix fois celui du cinéma mondial. L’EWC est financée par le fonds souverain d’Arabie saoudite qui a doté les vainqueurs de cette année d’un prize-money record de 75 millions de dollars.
Mais à l’heure du bilan, l’Afrique est abonnée absent. Parmi les milliers de joueurs présents à l’EWC 26, les africains présents peuvent se compter sur les doigts de la main, et là encore, ils ne portent pas les couleurs de leurs pays, mais font partie d’équipes saoudiennes, européennes ou autres. C’est par exemple le cas de Samy « dralii » Hajji, joueur marocain du jeu Rocket League, pour la Team Falcons, équipe d’esport saoudienne. Il est considéré comme l’une des plus grandes stars de Rocket League au monde.
Faute d’un marché continental unique et unifié et de l’organisation de compétitions régulières, les joueurs en Afrique progressent moins vite et peinent à rejoindre des circuits professionnels et internationaux comme l’Esports World Cup.
Si à Paris, l’Afrique n’a pas effectivement profité des retombées de l’EWC 26, le marché est néanmoins en pleine expansion. D’après le rapport « Situation de l’industrie africaine du jeu vidéo en 2026 », publié par SpielFabrique, un programme d’accélération pour les start-up et les jeunes entrepreneurs sur le marché du jeu, le marché africain des jeux vidéo a généré environ 1,8 milliard de dollars de revenus en 2024. Le document, qui examine le développement du marché de l’e-sport en Afrique, atteste que la croissance sur le continent continue de dépasser les moyennes mondiales. La population jeune et l’accès élargi aux services numériques en Afrique permettent cette progression selon le rapport. Ajouté à cela, de nombreux « talents africains » émergent pourtant petit à petit, assure Antoine Billy alias “TPK”, commentateur & streameur esport spécialisé dans les jeux de combat, cité par TV5 Monde. Il évoque Ismaila « Verix » Gueye, joueur sénégalais de jeu de combats, devenu champion du monde sous les couleurs d’un club sénégalais, Solo Sport.
Le rendez-vous est donc pris pour 2027 à Riyad avec on l’espère des joueurs africains sur les plus hautes marches du podium.
Boniface T.



