La coopération ONU-UA à l’honneur au Conseil de sécurité

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C'est l'Afrique du Sud qui préside le Conseil de sécurité ce mois-ci, et le président sud-africain Jacob Zuma a assisté à la réunion de jeudi, qu'il a en partie présidée.

Il a rappelé à cette occasion que ce type de coopération était approuvé et encouragée par la Charte de l'ONU. Or, a-t-il fait remarquer, la plus grande partie de l'Afrique était encore colonisée au moment où cette Charte a été élaborée, et ce n'est que plusieurs décennies plus tard que les organisations régionales en Afrique sont parvenues à un stade de développement suffisant pour pouvoir coopérer avec l'ONU dans des missions de maintien de la paix et de la sécurité en Afrique, un continent qui compte plus de conflits que tous les autres.

Les débats sur la coopération entre l'ONU et l'UA ont donné l'occasion à M. Zuma de déplorer l'absence de l'Afrique au sein des membres permanents du Conseil de sécurité, qui disposent d'un droit de veto.

"L'absence des pays africains au moment de la création de l'ONU se reflète dans le fait qu'aucun pays africain n'est membre permanent du Conseil de sécurité", a regretté M. Zuma.

"Cet fait est d'autant plus regrettable qu'en moyenne 70% des sujets inscrits à l'ordre du jour du Conseil de sécurité de l'ONU concernent l'Afrique. Il s'agit en outre d'un vaste continent, qui comprend 54 Etats, avec une population d'un milliard d'habitants", a-t-il relevé.

Selon le président sud-africain, l'absence de représentation d'une si grande partie de la planète ne fait que souligner "la nécessité et l'urgence de procéder à des réformes fondamentales" du Conseil de sécurité.

L'Afrique du Sud souhaite que ces réformes aient lieu le plus tôt possible, car elle aspire à un siège permanent au Conseil de sécurité, a expliqué Jacob Zuma.

"L'ONU, qui prône une culture de la démocratie et du respect de la volonté de la majorité, un élément clé du système démocratique, ne peut se permettre d'exhiber en même temps dans certaines de ses structures les plus essentielles des pratiques aussi contraires aux objectifs et aux principes fixés par sa Charte fondamentale", a indiqué M. Zuma.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a quant à lui qualifié l'UA de "partenaire stratégique vital" en s'adressant à l'ambassadeur du Kenya Ramtane Lamamra, Comissaire de l'UA pour la paix et la sécurité, et au président de l'UA Jean Ping.

"Ici, aux Nations unies, les activités visant à renforcer la stabilité en Afrique occupent une place importante de l'agenda du Conseil de sécurité, et elles figurent parmi mes priorités", a-t-il déclaré.

"Au cours de la dernière décennie, l'UA et les organisations sous-régionales ont joué un rôle accru dans le rétablissement de la paix et de la sécurité sur le continent africain", a fait remarquer Ban Ki-moon.

"Nos efforts collectifs en matière de prévention et de médiation des conflits, ainsi que dans le domaine de la construction et du maintien de la paix, ont abouti à de réels changements à travers le continent", a noté le secrétaire général de l'ONU.

"Nous sommes souvent confrontés à des crises complexes, qui évoluent très rapidement. Aussi sommes-nous en train de mettre en place des mécanismes de travail qui nous permettront de parvenir à une meilleure compréhension mutuelle et d'élaborer des réponses communes", a-t-il ajouté.

Pour l'ambassadeur du Kenya auprès de l'ONU, M. Lamamra, une plus large coopération stratégique entre l'ONU et l'UA s'avère d'autant plus nécessaire qu'en plus des menaces traditionnelles, le continent africain fait aujourd'hui face à de nouveaux dangers, tels que le terrorisme, la piraterie, les disputes frontalières et le changement climatique.

"Ces défis exigent de l'UA et de l'ONU qu'elles réagissent de manière concertée et qu'elles coopèrent plus étroitement", a estimé le diplomate kenyan, qui a invité les deux organisations à définir clairement les principes régissant leurs relations, afin d'ancrer celles-ci sur "une plateforme plus solide".

L'ambassadeur Liu Guijin, représentant spécial du gouvernement chinois pour les affaires africaines, a relevé que le continent africain était non seulement confronté à un mélange inextricable de menaces traditionnelles et non-traditionnelles en matière de sécurité, mais également à ses propres limites en matière de ressources et de capacités.

"L'UA a du mal à relever seule tous les défis auxquels elle est confrontée", a-t-il déclaré. "Il est encore plus inquiétant de constater que certaines initiatives de maintien de la paix lancées par l'UA au cours des dernières années n'ont pas bénéficié en temps voulu du soutien effectif de la communauté internationale, et n'ont par conséquent pas obtenu les résultats escomptés. Cela est préjudiciable au développement du partenariat à long terme entre l'ONU et l'UA", a-t-il ajouté.

"La situation internationale connaît actuellement des changements complexes et profonds. L'avenir et le destin des pays n'ont jamais été aussi inextricablement liés. Dans ce contexte, la paix et la sécurité en Afrique ont un impact direct sur les intérêts et le bien-être de chacun des membres de la communauté internationale", a-t-il conclu.