C’est chaud dans l’antre des Diables Rouges du Congo

Les Diables Rouges du Congo seront à nouveau absents de la messe continentale du football qui démarre en décembre prochain.

Afriquinfos Editeur
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Diables Rouges du Congo (photo, DR).
Diables Rouges du Congo (photo, DR).

Brazzaville (© 2025 Afriquinfos)- Les Diables Rouges du Congo seront à nouveau absents de la messe continentale du football qui démarre en décembre prochain. Leur dernière participation remonte à 2015. Si sur le terrain ça coince, c’est en partie en raison d’une crise née d’un conflit entre Jean Guy Blaise Mayolas, le président de la Fédération, et Hugues Ngouélondélé, le ministre des Sports. C’est l’avis des joueurs de la sélection nationale congolaise qui sont montés au créneau.

Ce n’est pas une première. Les joueurs des Diables Rouges interpellent à nouveau les dirigeants sportifs de la RDC sur les conditions déplorables dans lesquelles la sélection est gérée ainsi que le football local en général. Entre autres, certains joueurs sont contraints de payer eux-mêmes leurs déplacements, des conditions d’hébergement précaires en plus, des primes promises et non versées.

Une situation que de nombreux joueurs l’équipe nationale, ont dénoncé: Thievy Bifouma, attaquant des Diables Rouges a vertement critiqué Hugues Ngouélondélé, le Ministre des Sports. Il l’accuse notamment de mauvaise gestion et n’hésite pas à la comparer à un «sorcier qui tue le football congolais», «depuis l’arrivée du ministre des Sports, il y a désormais neuf ans, tous les sports au Congo sont à terre, alors que le football était en train de renaître, dénonce-t-il. On ne peut pas avancer lorsque l’ennemi se trouve dans notre propre camp».

Le joueur de Persepolis FC avait déjà dans une précédente sortie, lancé un cri d’alarme sur la mort lente du sport roi au Congo: « En tant que footballeur international et fils du Congo, je me permets d’interpeller, avec tout le respect dû aux autorités compétentes, sur la situation préoccupante de notre football national, en raison de la fermeture des stades.

Cette interruption prive des centaines de jeunes joueurs de leur métier, de leur passion, et parfois de leur seul moyen de vivre dignement. Le football n’est pas seulement un sport au Congo, c’est un moteur social, un espoir pour une jeunesse talentueuse et déterminée. J’en appelle à une mobilisation urgente pour trouver des solutions concrètes permettant la reprise des compétitions nationales, dans des conditions encadrées, afin de préserver l’avenir de notre sport et de ceux qui le font vitre», a-t-il partagé.

Des détails pour dire la même chose

Son coéquipier, le milieu de terrain, Fred Dembi, a, quelques semaines plus tôt, dressé une liste non exhaustive des problèmes qui touche les Diables Rouges: «Nous avons des équipements qui sont anciens et usés. Nos voyages sont mal organisés. Je me souviens d’un déplacement en Zambie, en novembre 2023 [2-4], où nous avions pris possession de nos chambres à 6 heures du matin après un vol de nuit pour un match programmé à 17 heures, poursuit-il. Ou d’un vol de sept heures pour aller en Afrique du Sud, alors qu’il en faut trois normalement. Ce n’est pas sérieux».

Gaius Makouta, un autre joueur des Diables Rouges renchérit : « Nous, les joueurs, on veut bien faire des efforts, on aime notre pays, mais quand on vient et que c’est toujours aussi mal organisé, on préfère rester dans nos clubs».

Cette fronde des joueurs des Diables du Congo servira-t-elle d’électrochoc et fera-t-elle réagir les autorités sportives du pays afin que le football congolais renaisse de ses cendres ? Déjà, le ministère des Sport a convoqué une réunion d’urgence avec la fédération et les clubs, at a sommé ces derniers de présenter un programme de relance. Thievy Bifouma et ses coéquipiers de l’équipe nationale seront attentifs aux résultats de ces consultations.

Boniface T.