Centrafrique : l’ONU dénonce les violences contre les civils à Bocaranga, dans le nord-est

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Ouham (© 2017 Afriquinfos) – La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) a condamné vendredi avec la plus grande fermeté les récentes violences contre les populations civiles et les organisations humanitaires commises par des groupes armés à Bocaranga, dans la préfecture de l’Ouham Pende (nord-est).

« Bocaranga a été la cible d’attaques et de pillages, jeudi matin, perpétrés par des éléments appartenant aux 3R (Retour, Réclamation et Réparation) et aux Anti-Balakas. Des centaines de personnes ont fui le centre de Bocaranga, dont certaines pour se réfugier près de la base de la MINUSCA. Ces nouvelles violences, qui ont visé un site où étaient hébergées des personnes déplacées ainsi que les bâtiments d’organisations humanitaires, aggravent la vulnérabilité de populations civiles déjà affectées par l’insécurité qui perdure dans la région de Koui et Bocaranga », a déclaré la MINUSCA dans un communiqué de presse.

Conformément à leur mandat, les Casques bleus de la MINUSCA déployés à Bocaranga sont intervenus pour arrêter les violences et ont ouvert le feu contre les éléments des deux camps, a expliqué la Mission, précisant que « l’intervention impartiale des Casques bleus a ramené le calme dans la ville et a été suivie par des patrouilles ».

La protection du camp de déplacés, de l’hôpital et des installations des organisations non gouvernementales (ONG) a été renforcée. Un hélicoptère de la Force de la MINUSCA a par ailleurs procédé au survol de Bocaranga jeudi après-midi.

Par ailleurs, selon la Mission, dans la localité de Koui, la situation reste tendue et rend difficile le travail des organisations humanitaires, essentiel pour la survie des populations.

La MINUSCA a mis en garde les 3R et les Anti-Balaka dans l’Ouham Pende contre toute forme de violence contre les populations civiles et les acteurs humanitaires et a rappelé aux groupes armés leur responsabilité au regard du droit international humanitaire et des droits de l’homme.

Le Coordonnateur humanitaire par intérim en République centrafricaine, Dr. Michel Yao, a indiqué que les violences ont causé le déplacement de 9.000 personnes qui ont trouvé refuge dans la forêt à environ 15 à 20 kilomètres de Bocaranga.

Dr. Yao a condamné les attaques contre les civils et les ONG et a exhorté « toutes les parties au conflit à respecter le droit international humanitaire et à assurer la protection des civils ».

Vignikpo Akpéné