Burkina Faso : Clap d’ouverture pour le Fespaco

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Ouagadougou (© 2017 Afriquinfos) –C’est avec un immense clap de cinéma que le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a ouvert le 25e Fespaco, festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, la grande fête du 7e art du continent.

Après la cérémonie au stade municipal de 5.000 places plein à craquer, le chanteur ivoirien Alpha Blondy a mis le feu avec un concert sous haute protection des forces de l’ordre, un peu plus d’un an après l’attaque jihadiste qui a fait 33 morts, en janvier 2016, dans la capitale du Burkina.

« Allah n’est pas un Dieu terroriste », a chanté le musicien dont le pays est l’invité d’honneur du festival et qui a aussi été frappé par un attentat à Grand-Bassam en mars 2016 (19 morts).

Affiches du festival, vendeurs ambulants, petits marchés: Ouagadougou s’est mise à l’heure du rendez-vous continental pour oublier les heures sombres et devenir pendant huit jours la « capitale du cinéma africain », selon l’expression du président burkinabè.

Quelque 164 films de tous formats sont en compétition, dont 20 longs métrages issus de 14 pays, pour la récompense suprême, l’Etalon d’or de Yennenga et succéder à « Fièvres » du Marocain Hicham Ayouch.

Une cinquantaine de films seront aussi présentés hors compétition.

« Nous pensons que le cinéma doit être un vecteur de la consolidation de notre culture africaine. Nous ne devons pas nous laisser inféoder constamment par la culture des autres », a affirmé le président Kaboré à des journalistes.

« Il nous faut aussi dans le cinéma traduire les valeurs positives qui font le fondement de la société africaine », a ajouté le président, soulignant que le Burkina devait se « battre pour que Ouagadougou reste la capitale du cinéma africain ».

Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Culture Tahirou Barry a utilisé une parabole africaine: « Imiter le genre de certaines nations ne fera que nous perdre, car c’est en voulant imiter l’hippopotame dans la nage que le coq s’est noyé! »

« S’il y a un film cowboy aux Etats-Unis, un film hindou en Inde, un film ninja au Japon, nous devons être fiers de présenter un film simplement africain pour ne pas perdre nos repères et notre âme », a-t-il ajouté, soulignant l’effort du pays pour y réhabiliter 15 salles de cinéma.

Il faut préciser qu’en marge du Fespaco se tiendra la 18e Mica, la bourse de programmes audiovisuels africains et sur l’Afrique. Une centaine de films devraient attirer producteurs, distributeurs, diffuseurs et porteurs de projets.

Innocente Nice