La production d’huiles essentielles n’arrive pas à satisfaire la demande internationale

ecapital
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Selon les données du ministère du Commerce malgache, la production totale d'huiles essentielles est estimée à 1.500 à 2.000 tonnes par an et 90% de cette production sont dédiée à l'exportation.

En 2008, la grande île a exporté 1.438 tonnes d'huiles essentielles tandis qu'en 2009, ce chiffre a augmenté à 1.924 tonnes et 2.361 tonnes en 2010, d'après les chiffres de l'Institut National de la Statistique malgache (Instat).

Un nette augmentation a été constatée entre 2008 et 2010 suite à une forte demande internationale de la part des industries cosmétique, pharmaceutique et agro-alimentaire ayant comme matière première les huiles essentielles et particulièrement les huiles dites "fines" entre autres l'essence de girofle, du poivre, de la cannelle, du gingembre ou du "Ravintsara".

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L'exportation malgache des essences de girofle a passé de 1.273 tonnes en 2008, 1.606 tonnes en 2009 et 2.90 tonnes l'année dernière contre 26 tonnes d'essence d'Ylang-Ylang en 2008, 12 tonnes en 2009 et 10 tonnes l'année dernière selon encore l'Instat.

Les principales huiles essentielles que la grande île produit sont celles de girofle, Longoza, Eucalyptus, ylang-ylang, cannelle, Raventsara (plante malgache bien connue pour ses vertus médicinales), Combava, citronnelle, Basilic, Olive, le gingembre, patchouli et le niaouli et géranium.

Les sites de production des huiles essentielles sont majoritairement décentralisés et situés à proximité des matières premières végétales afin de réduire les frais d'approche dans la production comme à Toamasina, Mananjary et Maroantsetra (dans la côte est de la grande île) pour la Cannelle, à Nosy-be, Ambanja et Vatomandry (au nord) pour l'Ylang-lang et à Antananarivo, la capitale malgache pour le Géranium.

Malgré cette multitude des huiles essentielles malgaches, on rencontre quelques blocages sur le développement de cette filière dont la qualité insatisfaisante en raison de la non maîtrise de la technologie ; la capacité de production de chaque unité restreinte faute d'approvisionnement en matières premières disponibles ; le nombre limité d'opérateurs dans cette filière ainsi que l'apparition d'autres produits de synthèse qui viennent concurrencer les huiles essentielles naturelles sur le marché international.

Pourtant, les huiles essentielles malgaches présentent des avantages du fait de la faible utilisation d'engrais et pesticides, qui confèrent un caractère presque naturellement "bio" aux produits.

La formation des producteurs s'avère primordiale. Il reste à faire pour booster la filière, la mise en place d'un alambic moderne plus performant, le respect des conditions de sécurité et d'hygiène pour obtenir un produit de qualité ainsi que l'appui des producteurs en matière de conditionnement.