Madagascar : La feuille de route pour la sortie de crise validée presque à l’unanimité

ecapital
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Après de vives discussions, toutes les entités politiques à l'exception de la mouvance Ratsiraka se sont mis d'accord pour apposer leurs signatures en bas du document proposé par la Communauté de développement de l'Afrique Austral (Sadc).

La mouvance Ratsiraka revendique une réunion au sommet des chefs de files pour cette signature.

L'interprétation apportée par la Troïka de la Sadc à l'article 20 de la feuille de route, concernant le retour au pays des exilés politiques dont Marc Ravalomanana, a fait fléchir les entités proches de la Haute autorité de la transition qui ont jusqu'ici manifesté leur opposition envers le retour du Président déchu.

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"La Haute Autorité de la Transition (HAT) devra permettre à tous les citoyens malgaches en exil pour des raisons politiques de rentrer à Madagascar sans conditions, y compris M. Marc Ravalomanana. La HAT devra fournir la sécurité à tous les exilés malgaches rapatriés. La HAT devra développer et promulguer d'urgence les instruments juridiques nécessaires, y compris une loi d'amnistie, afin d'assurer la liberté politique de tous les citoyens malgaches dans le processus inclusif de transition, débouchant sur la tenue d'élections libres, justes et crédibles", stipule la version finale de l'article 20, tant controversé depuis quelque temps.

Les membres de la Troïka de la Sadc ont toutefois tenu à préciser que les principes et valeurs de la Sadc n'acceptent pas l'impunité.  "'Sans conditions' ne suggère et n'implique pas pour les citoyens malgaches rapatriés une exonération de poursuites judiciaires ou pour des crimes allégués", précise la Troïka. Avant d'ajouter que "la Sadc reconnaît et respecte la compétence, la légitimité et l'indépendance des systèmes judiciaires de ses Etats membres et n'a pas ainsi le pouvoir de s'ingérer ou d'annuler quelque condamnation judiciaire par le tribunal national de tout Etat membre".

L'ancien Président Marc Ravalomanana, actuellement en exil en Afrique du Sud, condamné par contumace à une peine de travaux forcés à perpétuité le 28 août 2010, sur l'affaire de la tuerie du 7 février 2009 devant le palais d'Etat d'Ambohitsorohitra, pourrait ainsi être remis entre les mains de la justice dès son retour au pays.

 Ce scénario ne faciliterait pas la sortie de crise et la bonne marche du processus de transition. D'ailleurs une loi d'amnistie est prévue être promulguée d'ici peu.

Par ailleurs, plusieurs sujets dont la composition des différentes institutions et surtout le choix du Premier Ministre pourront être de nouveaux points d'achoppement entre les différentes entités.

Les mouvances de l'opposition ne comptent pas se laisser faire quant au partage des sièges et ont déjà révendiqué le poste de Premier Ministre.

 Depuis fin 2008, Madagascar est plongé dans une crise politique profonde qui a entraîné le renversement au pouvoir du Président élu Marc Ravalomanana par son principal opposant, Andry Rajoelina. Ce dernier aidé par les militaires est au pouvoir depuis mars 2009 mais n'a eu jusqu'ici la reconnaissance de la Communauté internationale.