Bénin : Les syndicats s’opposent à toute révision de la Constitution sans concertation

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"En l'absence de concertations préalables et d'un minimum de consensus autour de cette question capitale qui focalise l'attention depuis quelques temps, la Confédération des syndicats autonome (CSA-Bénin) du Bénin (…) s'oppose avec force et vigueur et s'opposera contre vents et marrées à toute révision opportuniste de la Constitution de nature à permettre au président actuel de la République de s'éterniser au pouvoir", a déclaré Dieudonné Lokossou, Secrétaire général de la CSA-Bénin.

Pour ce syndicaliste, la CSA-Bénin ne saurait cautionner un acte porteur de germe de division et de troubles sociaux au Bénin.

"La CSA-Bénin invite instamment les députés à l'Assemblée nationale, toutes tendances confondues, à se démarquer du Chef de l'Etat par leur vote massif de rejet de son projet indécent de révision qui met mal à l'aise la grande majorité de nos concitoyens", a-t-il indiqué.

De son côté, Laurent Metongnon, secrétaire général fédéral des syndicats du ministère charge des finances, estime que "la campagne pour la révision de la constitution sans un large consensus est par conséquent une forfaiture de plus, une provocation de plus contre les travailleurs et le peuple qui souffrent".

Selon les syndicalistes, depuis la réintroduction par le président de la République du projet de loi sur la révision de la constitution, le 6 juin dernier au parlement, après sa décision de le retirer de l'Assemblée nationale en avril 2012, les véritables problèmes, notamment la mauvaise gouvernance, les scandales financiers, la cherté de la vie, les revendications des travailleurs, ont laissé place à des débats virulents sur la révision ou non de la constitution de décembre 1990.

"Notre peuple à 90% analphabète qui ne comprend rien des enjeux réels de ce débat, y compris une bonne partie de ceux qui savent lire et écrire, sont emballés dans ce piège et après les meetings et marches, retournent le ventre creux dans leurs maisons, usines, services, arrondissements et communes avec leurs problèmes quotidiens non résolus", ont-ils souligné.

Pour l'exécutif béninois, les raisons qui ont nécessité la démarche de la révision de la loi fondamentale visent à asseoir au Bénin l'Etat de droit et une démocratie renforcée sur des bases saines et solides pour un développement économique durable dans le pays.

Il s'agit notamment de la création et de la constitutionnalisation de la Cour des Comptes, la constitutionnalisation de la Commission Autonome Electorale Nationale, l'imprescriptibilité des crimes économiques dans le cadre de la moralisation de la vie publique et de la luttecontre la corruption engagées dans le pays depuis avril 2006.

"Ces modifications préservent les options fondamentales de la Conférence nationale de Février 1990", a précisé l'exécutif béninois.