Bénin : L’opposition et la jeunesse réclament une nouvelle conférence nationale

Afriquinfos Editeur
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LES PARTENAIRE TECHNIQUES ET FINANCIERS FONT L'ELOGE DE LA DEMOCRATIE BENINOISE

"Les Etats-Unis resteront à vos côtés pendant de nombreuses années encore. Et vous pourrez montrer au reste du monde ce qu'est une vraie société démocratique qui fournit des opportunités à son peuple", a annoncé vendredi dernier à Cotonou la secrétaire d'Etat américaine, Mme Hillary Clinton, lors d'une brève visite dans la capitale économique béninoise, Cotonou, en renouvelant le soutien des Etats-Unis au processus démocratique en cours au Bénin depuis février 1990.

De même, la représentante résident du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) au Bénin, Mme Nardos Bekélé- Thomas, a salué, lors d'un colloque international sur le droit constitutionnel tenu à Cotonou du 8 au 10 août 2012, le respect de la constitution béninoise du 11 décembre 1990, qui a instauré au Bénin, un modéle de démocratie.

"Depuis maintenant 22 ans, la Constitution béninoise, élaborée sur la base des propositions de la Conférence nationale, a permis au peuple béninois d'organiser cinq élections présidentielles, cinq élections législatives, deux élections communales et municipales et une élection locale, sans que la paix et la stabilité du pays ne soient jamais remises en cause", a noté la responsable du PNUD.

De même, elle a souligné que les différentes élections présidentielles ont même entraîné au sommet de l'Etat, un renouvellement tel que le pays a déjà compté trois différents présidents de la République entre 1990 et 2012.

"Les paysages médiatique, associatif, syndical et partisan attestent, en grande partie, un climat de liberté. Les droits et libertés sont protégés et généralement respecté. Bref, le Bénin apparait comme un pionnier et un laboratoire des processus démocratiques entamés dans plusieurs Etats africains depuis le début des années 1990", a-t-elle fait observer, soulignant le rôle majeur de la Constitution béninoise dans cette stabilité politique du pays.

"Cette relative stabilité et cette bonne réputation, le Bénin les doit aux institutions démocratiques et au système politique mis en place par cette loi fondamentale du 11 décembre 1990, élaborée sur la base des propositions de la Conférence nationale", a-t-elle souligné.

LES JEUNES ET LES OPPOSANTS DENONCENT LE GOUVERNEMENT EN EXIGEANT UN FORUM NATIONAL

Mais pour les jeunes Béninois, à travers un mouvement dénommé, "Y en a marre", le Bénin est à la dérive et seule une nouvelle conférence des forces vives de la nation peut constituer le seul remède. "Aujourd'hui, l'amer constat crève les yeux. Au plan social, c'est l'absence de dialogue franc, les grèves perlées et la fracture de la cohésion nationale. Au plan politique, c'est une absence totale d'orientation et de dialogue politique. Au plan économique, l'instabilité décisionnelle a entraîné la fuite des capitaux et des investisseurs aussi bien nationaux qu'étrangers. L'indiscipline budgétaire a eu comme conséquence la baisse du taux de croissance au point de placer notre pays au dernier rang des pays de l'Uemoa. Le Bénin n'a jamais occupé ce rang en Afrique, même pas du temps de la révolution", a déploré Durel Nonvignon, porte-parole du mouvement des jeunes béninois.

Il a déclaré que la jeunesse ne saurait accepter pour longtemps cet état de chose qui ne fait que sceller de jour en jour sa marginalisation et sa condamnation à la résignation et l'inaction.

"C'est pourquoi, réuni au sein du mouvement 'Y en a Marre', nous proposons l'organisation d'une nouvelle Conférence nationale pour décider de nouvelles orientations de développement pour ce pays que nous aimons tous", a-t-il suggéré.

Pour le président du "Sursaut patriotique", un parti politique de l'opposition béninoise, à l'étape actuel, seule une nouvelle conférence nationale, peut sortir le Bénin, "du désastre du gouvernement du président Boni Yayi".

"Aujourd'hui, seule une thérapie de choc peut sauver le Bénin. Sursaut patriotique invite la classe politique, la société civile, le clergé, la presse et tout le peuple béninois à prendre ses responsabilités. Le système du président Boni Yayi seul aura du mal à redresser le désastre qu'il a créé. Une nouvelle conférence nationale s'impose avec la mise en place d'un régime transitoire afin de sortir le pays de ce système et sauver notre cher patrie le Bénin", a déclaré l'ancien député Janvier Yahouédéou