Les autorités du Bénin ont affirmé ce 07 décembre avoir déjoué une tentative de coup d’Etat visant à renverser le Président Patrice G. A. Talon, lequel a assuré que la situation était « totalement sous contrôle » et à qui le bloc ouest-africain de la CEDEAO va envoyer un soutien militaire.

Après une journée où la plupart des habitants ont vaqué à leurs occupations à Cotonou, la capitale économique s’est vidée un peu plus tôt que d’habitude dans la soirée ce 07 décembre, selon un journaliste de l’AFP. Plusieurs barrages militaires étaient déployés dans la zone de la Présidence et du camp militaire voisin de Guézo en cette fin de journée ce 07 décembre. « Ce soir, on va essayer de rentrer plus tôt. On ne sait pas qui est à la base de ce coup d’Etat« , a expliqué Michelle Eudoxie, une coiffeuse de 50 ans.

« Ce matin j’ai commencé à entendre les sons des balles. J’ai quitté le quartier pour aller ailleurs parce que j’ai eu peur« , a partagé de son côté Nabil Sacca, un vendeur d’essence qui se trouvait près du Palais présidentiel dans la matinée.
– Déploiement de troupes ouest-africaines –
Selon des sources militaires à l’AFP, une douzaine de soldats ont été arrêtés. Parmi eux, figurent certains auteurs de la tentative de putsch, a indiqué une source sécuritaire sans préciser si le meneur des mutins, le lieutenant-colonel Pascal Tigri figurait parmi eux. Selon une source proche du dossier, il est en fuite.
La Présidence nigériane a affirmé avoir mené ce 07 décembre des frappes à Cotonou à la demande du Bénin pour notamment aider « à déloger les putschistes de la Télévision nationale et d’un camp militaire où ils s’étaient regroupés ». « Des forces nigérianes au sol sont actuellement au Bénin », a ajouté Abuja dans son communiqué.
La CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest) a de son côté annoncé le « déploiement immédiat » de troupes du Nigeria, de la Sierra Leone, de la Côte d’Ivoire et du Ghana pour soutenir « le Gouvernement et l’Armée républicaine » du Bénin, et « préserver l’ordre constitutionnel ». La Force en attente de la CEDEAO a le mandat de garantir la paix et la stabilité de la région. Elle s’est par exemple déployée en Gambie en 2017 lorsque le Président sortant Yahya Jammeh refusait de quitter le pouvoir. Elle avait toutefois finalement renoncé à intervenir en fin 2023 après le coup d’Etat au Niger (du 26 juillet 2023).
Putschs et histoire politique récente du Bénin
L’histoire politique du Bénin a été jalonnée de plusieurs coups d’Etat ou tentatives, mais le dernier remonte à 1972. « Aujourd’hui, c’est comme si je revivais ce que nos parents ont vécu en ce temps-là », a raconté Remy Agblo un commerçant. Patrice Talon, au pouvoir depuis 2016, arrivera en 2026 au terme de son second mandat, le maximum autorisé par la Constitution.
Son dauphin désigné, l’actuel ministre des Finances Romuald Wadagni, fait figure d’ultra-favori pour la présidentielle d’avril 2026, le principal parti d’opposition ayant été écarté de la course par l’instance électorale pour non-conformité aux non-électorales durant la composition du dossier de candidature.
« Il y a une tension perceptible dans le pays depuis des mois du fait des élections« , pointe Anatole Zinsou, informaticien à Cotonou qui déplore « l’exclusion » de certains acteurs des processus électoraux ces derniers mois.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



