Abuja (© 2025 Afriquinfos)- Adoptée en décembre 2024, la CEDEAO a annoncé en ce mois de décembre, la suppression des taxes appliquées au transport aérien et la baisse de 25 % des redevances passagers et de sécurité à partir du 1er janvier 2026, une réforme majeure destinée à alléger le coût du transport aérien en Afrique de l’Ouest.
À partir du 1er janvier 2026, les pays membres de la Cedeao supprimeront des taxes appliquées au transport aérien et baisseront les redevances passagers et les frais de sécurité de 25 %, a annoncé l’organisation dans un communiqué publié mercredi 10 décembre.
“Cette décision répond à des préoccupations de longue date concernant le coût élevé des vols en Afrique de l’Ouest, qui freine le tourisme, les échanges commerciaux et la libre circulation des personnes et des marchandises.”, précise le texte. Quatre taxes seront ainsi supprimées : la taxe sur les billets d’avion, la taxe touristique, la taxe de solidarité et la taxe sur les voyages à l’étranger.
La réforme s’inscrit dans une stratégie de long terme qui cherche à rapprocher les marchés, fluidifier les déplacements et renforcer l’intégration des économies ouest-africaines. Pour s’assurer que la décision ne reste pas théorique, la CEDEAO prévoit de mettre en place un Mécanisme régional de surveillance économique du transport aérien.
Cette mesure avait été adoptée lors du Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Cedeao qui s’est déroulée en décembre 2024, à Abuja au Nigéria. Les chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO avaient adopté un Acte additionnel sur les redevances, taxes et frais aéronautiques afin de poser les bases d’une nouvelle tarification harmonisée.
L’objectif est de rendre le transport aérien plus abordable dans une région où voyager en avion reste hors de portée pour de nombreux citoyens. La baisse des coûts doit permettre d’encourager le tourisme régional, de favoriser les échanges commerciaux et de faciliter la libre circulation des personnes et des biens, qui constituent des piliers essentiels de l’intégration ouest-africaine.
L’organisation s’est appuyée sur ses études et celles de l’association des compagnies aériennes africaines et l’association internationale du transport aérien, qui démontrent que l’Afrique de l’Ouest figure parmi les plus coûteuses pour voyager en avion. “ Actuellement, les passagers doivent s’acquitter de jusqu’à 66 redevances distinctes, tandis que les compagnies aériennes font face à plus de 100 frais lorsqu’elles opèrent des vols. Comparés aux moyennes mondiales, les coûts dans la région CEDEAO sont 85 % plus élevés pour les vols régionaux et 82 % plus élevés pour les liaisons internationales”, explique-t-elle.
Depuis longtemps, les billets d’avion en Afrique de l’Ouest comptent parmi les plus chers du continent. Cette situation s’explique par l’accumulation de taxes imposées par les États, des redevances aéroportuaires parmi les plus élevées et une concurrence encore limitée entre compagnies. Dans certaines capitales, les taxes représentent jusqu’à 40% du prix final d’un billet, une proportion qui décourage de nombreux voyageurs et freine le développement du trafic intra-régional.
La décision prise par la CEDEAO s’inscrit dans une tendance observée ailleurs en Afrique. Au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, des discussions ont été lancées pour harmoniser les taxes aéroportuaires afin de favoriser la circulation régionale. Le Rwanda et l’Ouganda ont déjà supprimé certaines taxes sur les vols intra-africains, ce qui a contribué à dynamiser le trafic dans cette partie du continent.
Les autorités régionales espèrent que la suppression des taxes et la baisse des redevances se traduiront par une diminution durable des prix des billets. Elles ambitionnent également d’attirer de nouveaux opérateurs, de renforcer le tourisme intra-africain et d’améliorer les échanges commerciaux. À plus long terme, cette réforme devrait favoriser une intégration économique plus poussée dans un espace où le transport aérien joue un rôle important en raison des infrastructures routières et ferroviaires insuffisantes.
V.A.



