Arrestation du leader d’une bande de trafic d’ivoire grâce à une traque transnationale

Afriquinfos Editeur
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Il s'agit de la première fois que la Chine arrête à l'étranger un suspect impliqué dans le trafic d'espèces végétales et animales sauvages, montrant ainsi sa tolérance-zéro et son opposition ferme à ce type de criminalité.

Il s'agit également d'un grand succès pour la Chine depuis sa participation à une opération multinationale de lutte contre la criminalité liée aux espèces de faune et de flore sauvages baptisée "Cobra II", qui s'est déroulée de fin 2013 à début 2014 et a regroupé des pays d'Asie, d'Afrique et d'Amérique du Nord. Le 27 novembre 2013, à l'aéroport Taoxian de Shenyang, capitale de la province chinoise du Liaoning (nord-est), le bagage d'un voyageur nommé Zheng a attiré l'attention des douaniers et de la police anti-contrebande. La radiographie a montré que le bagage était rempli d'objets en formes de petites balles.

Les agents ont demandé au voyageur d'ouvrir le bagage et y ont trouvé plusieurs couches de sacs scellés sur lesquels étaient collés des étiquettes portant la mention "fruits à coque". Cependant, la police et les agents des douanes ont découvert que les sacs au fond du bagage pesaient plus lourd que les sacs à la surface. Grâce à leur expérience, ils ont immédiatement soupçonné qu'il s'agissait de produits d'ivoire de contrebande. Selon les résultats de l'analyse menée plus tard, les sacs saisis contenaient 1.226 perles d'ivoire de 1,8 à 2 cm de diamètre, pour un poids total de 8,77 kg.

Le bureau anti-contrebande de l'aéroport de Taoxian relevant des Douanes de Shenyang a ensuite lancé une enquête sur l'affaire et a découvert l'existence d'une bande transnationale de trafic d'ivoire. La bande, dont le principal criminel nommé Xue, achetait depuis longtemps en toute illégalité de l'ivoire au Kenya engageait régulièrement des Chinois travaillant dans ce pays pour en ramener en Chine et en vendre. En outre, la petite-amie de Xue, nommée Li, avait quant à elle la responsabilité de remplir les formalités douanières au Kenya.

Le bureau a ainsi arrêté des suspects en Chine et suivi la piste de Xue et Zheng qui se cachaient au Kenya. Meng Xianlin, directeur adjoint du Bureau chinois de contrôle de l'importation et de l'exportation des espèces menacées a indiqué que la coordination multinationale dans la lutte contre le commerce illégal des espèces sauvages était encore peu développée et qu'il était très rare de mener une traque en la matière à l'extérieur du pays.

Pour faciliter celle-ci, le Bureau de lutte contre la contrebande de l'Administration générale des douanes de Chine a informé la Force opérationnelle de l'Accord de Lusaka et le Kenya des activités criminelles de la bande. Le Bureau a décidé de saisir l'opportunité de l'opération "Cobra II" pour établir une équipe de travail avec le bureau de coopération internationale du ministère chinois de la Sécurité publique et lancer la traque transnationale de Xue et de Zheng.

L'équipe, arrivée le 15 janvier à l'aube à Nairobi, a poussé le Bureau de contrôle de la faune sauvage du Kenya, la police du Kenya et l'Office d'immigration du Kenya à procéder  avec succès le 17 janvier à 10h00 l'arrestation de Xue, et l'a rapatrié le 18 janvier. Les suspects Zheng et Li avaient quant à eux été arrêtés les 16 et 17 janvier à l'occasion de leur retour Chine. Jusqu'ici, les suspects de l'affaire ont tous été arrêtés. La poursuite transnationale Chine-Kenya a été appréciée par le secrétariat de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES) et l'Organisation mondiale des douanes.

L'inspecteur du Bureau chinois de contrôle de l'importation et de l'exportation des espèces menacées Zhou Yafei a indiqué que la traque conjointe avait eu une importante influence sur le trafic rampant de l'ivoire à travers le monde et montrait l'attitude ferme de divers pays concernant la lutte contre la criminalité liée à ce genre de contrebande, ajoutant que la réussite de cette coopération constituait le but en soi de l'opération "Cobra II". Par ailleurs, certaines personnes avec des organes de la protection de l'environnement ont indiqué que davantage de pays devaient suivre l'exemple de la Chine et du Kenya pour punir avec sévérité les criminels impliqués dans le commerce illégal de la faune et de la flore sauvages. Pour l'heure l'enquête sur les suites de l'affaire se poursuit, et la partie chinoise continuera sa coopération dans l'application de la loi avec le Kenya sur la base de la traque conjointe.