Le principal opposant gabonais Alain-Claude Bilie-by-Nze, qui dénonce régulièrement les dérives autoritaires du Gouvernement Oligui Nguema, a été interpellé dans la soirée de ce 15 avril, a détaillé, ce 16 avril, son parti politique.

Il « a été interpellé à son domicile par des agents de la DGR (Direction Générale des Recherches) dans des conditions que nous considérons arbitraires, brutales et manifestement contraires aux principes fondamentaux de l’État de droit », s’offusque le communiqué de presse de son parti EPG (Ensemble pour le Gabon) qui indique que « cette arrestation serait liée à une affaire remontant à 2008 ».
Selon son parti, cette affaire est en lien avec « une créance que l’État gabonais n’aurait pas honoré dans le cadre de l’organisation de la Fête des cultures 2008 », dont il était à l’époque le président du Comité d’organisation. « Une tierce personne en réclamerait aujourd’hui le paiement, en l’imputant à titre individuel à Alain-Claude Bilie-By-Nzé, alors même qu’il agissait dans un cadre institutionnel« , assure le communiqué précité. Le parti d’Alain-Claude Bilie-By-Nze dénonce une « manœuvre politique grave », visant à « faire taire une voix critique majeure, affaiblir l’opposition et instaurer un climat d’intimidation incompatible avec les exigences démocratiques ». L’EPG exige la libération immédiate de son candidat.
Cette arrestation intervient alors que le candidat malheureux à l’élection présidentielle d’avril 2025, et ancien Premier ministre d’Ali Bongo (2009-2023) s’est notamment élevé contre la suspension des réseaux sociaux en vigueur depuis le 17 février et l’adoption par ordonnance, sans débat ni vote, d’une réforme du Code de la nationalité. Cette réforme introduit, entre autres, la déchéance de nationalité pour « activités subversives et déstabilisatrices ». Ces mesures gouvernementales ont été prises alors que le Président Brice Oligui Nguema (élu avec 94,75% des voix l’an dernier) fait face en ce début d’année à plusieurs mouvements sociaux, dont une grève d’enseignants qui a duré près de deux mois.
© Afriquinfos & Agence France-Presse



