La question de la délimitation des frontières maritimes a pris de l’ampleur durant la dernière décennie, à mesure que les prospections pétrolières et gazières au large de leurs côtes ont gagné du terrain.
Cela est notamment dû aux incertitudes sur le tracé des frontières terrestres et à des conflits de souveraineté sur des territoires hérités des puissances coloniales.
L'absence d'accords définitifs entre États crée une incertitude juridique pour les entreprises pétrolières et gazières opérant au large des côtes africaines car la souveraineté du pays leur ayant accordé un permis peut être remise en question et invalidée si elle est contestée par un pays limitrophe.
Dans la conduite de leur étude, Robert Van De Poll et David Bishopp, des specialistes du droit de la mer ont utilisé des documents militaires déclassifiés, des images satellitaires et examiné 83 bassins sédimentaires, rapporte l'agence de presse Reuters. Selon leur estimation, environ 95 milliards de barils de pétrole ont été découverts dans les 13 millions de kilomètres carrés d'eaux maritimes couvertes par la convention de 1982. Mais les réserves non encore mises à jour pourraient atteindre 70 à 80 milliards de barils.
Un potentiel qui suscite l'intérêt soutenu de l'industrie pétrolière. Aussi la fixation par les États africains de frontières maritimes définitives soit en concertation, soit en ayant recours aux juridictions internationales (devant des cours arbitrales, ou le Tribunal international du droit de la mer ou la Cour internationale de Justice), devient urgente.
Une autre voie est celle des zones d'exploitation communes, définies entre pays. Le Sénégal et la Guinée-Bissau se sont accordés en 1995 pour la création de l’Agence de gestion et de coopération (AGC) : 20 % des ressources maritimes revenant à Bissau, 80 % à Dakar. Il en est de même pour le Nigeria et Sao Tomé-et-Principe qui ont institué en 2001 une zone de développement conjointe de 34 500 kilomètres carrés. De la même façon, la RD Congo et l'Angola ont signé en 2004 un accord visant à l'exploration commune des eaux maritimes.
P. Amah



