Congrès mondial de la Nature 2021 : La protection de la biodiversité en Afrique aussi au cœur des préoccupations  

Marseille (© 2021 Afriquinfos) La ville française de Marseille abrite depuis le 3 septembre dernier et ce jusqu’au 11 septembre, le Congrès Mondial de la Nature initié par l’Union Internationale pour la Conservation de la nature (IUCN). L’Afrique sera bien représentée à ce rendez-vous où des Chefs d’Etat, des acteurs de la société civile, des experts, des scientifiques et des institutions financières et bancaires se côtoieront. Elle compte jouer sa partition en mettant en avant des initiatives mises en œuvre pour protéger sa biodiversité.      

La cité phocéenne est pendant plus d’une semaine, la capitale mondiale de la biodiversité et de sa préservation. Y sont réunis chefs d’Etat et de gouvernements, mais aussi acteurs de la société civile engagés dans la conservation de l’environnement, scientifiques, collectivités territoriales, institutions philanthropiques, banques de développements, fonds d’investissements et enfin secteur privé pour échanger autour de trois thèmes majeurs : la sortie de crise pandémique reposant sur des solutions liées à la nature, l’élaboration d’actions convergentes en faveur du climat et de la biodiversité et enfin, la mise en place d’actions sur des sujets sociaux liés à l’environnement.

Il s’agit pour les participants de mettre en exergue des solutions innovantes pour préserver la nature. Et ce coup-ci, l’Afrique a des solutions à revendre avec un secteur privé très dynamique. C’est qu’en Ouganda, un service pay-as-you-go de « taxi-moto » électriques, rechargées grâce au raccordement au réseau dans la capitale, ou via des panneaux photovoltaïques, implémenté par la starrt-up Zembo est soutenu par les autorités locales, « Il y a une prise de conscience du secteur privé que les risques en matière de biodiversité sont aussi importants que les risques climatiques. Le dernier rapport du forum économique mondial a d’ailleurs affirmé que la perte de la biodiversité faisait partie des risques les plus importants, en termes de développement des entreprises », explique Stéphanie Bouzigues-Eschmann, la secrétaire générale du Fonds français pour l’Environnement mondial (FFEM) qui a financé le projet de « boda-boda » ougandais sans diesel.

Sur le continent, plusieurs pays procèdent à des paiements pour la conservation. C’est ainsi qu’à Madagascar, des paysans se voient octroyer des financements en contrepartie du maintien des forêts en bon état. Au Kenya, la même procédure est utilisée pour protéger les bassins versants. En Namibie, on est plutôt champion de nouveaux modèles de conservation, les « conservancies ». Il s’agit de réserves naturelles gérées par les communautés locales. Ainsi, les populations protègent leurs intérêts économiques liés aux cultures vivrières et à l’économie du tourisme en protégeant la faune (le ticket d’entrée d’une rencontre avec les derniers gorilles des montagnes coûte plusieurs centaines de dollars, auquel s’ajoutent les Resorts de luxe et la rémunération des pisteurs). Pionniers en matière de « conservancies », la Namibie en compte plus de 80 réparties sur 20% de son territoire. Ce modèle fait désormais des émules sur le continent et est reproduit au Kenya ou en Afrique du Sud.

Autant d’initiatives que l’Afrique entend faire valoir au Congrès Mondial de la Nature et qui seront sa contribution à la sauvegarde de la biodiversité. Les experts estiment en effet que la dégradation de la biodiversité est essentiellement liée à la surexploitation des terres, au facteur climatique, à la pollution et à la multiplication d’espèces invasives. Selon le Rapport Planète vivante 2020 du fonds mondial pour la nature (WWF), les activités humaines sont responsables 68% du déclin des populations de vertébrés en moins de 50 ans.

Boniface T.

 

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