Le G5 Sahel fait de l’éducation la planche de résilience durable d’une région instable

Nouakchott (© 2021 Afriquinfos)- Les dirigeants des pays membres du G5 Sahel et ceux de la Banque Mondiale planchent sur une approche commune et coordonnée pour faire de l’éducation un levier de développement dans un contexte sécuritaire, sanitaire et climatique problématique.

Bien meilleure qu’il y a quelques années, le niveau de l’éducation dans les pays membres du G5 Sahel gagnerait à être amélioré. C’est sur ce sujet que sont concertés les présidents Mauritanien, Mouhamed Ould Ghazouani, nigérien, Mohamed Bazoum, burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré ainsi que le Vice-président de la Banque Mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et Centrale, Ousmane Diagana, le 5 décembre dernier à Nouakchott. De leurs échanges est ressorti, une déclaration commune. Dans celle-ci, lesdits dirigeants se sont d’abord félicité des progrès obtenus dans le système éducatif de la région :  «Ces 15 dernières années, grâce à des politiques volontaristes, nous avons enregistré des avancées significatives, qui fondent notre espoir que, aujourd’hui, tout enfant né au Sahel peut et doit avoir accès à l’écoleEntre 2005 et 2018, le nombre d’enfants scolarisés dans le Sahel a quasiment doublé dans l’enseignement primaire passant de 5,9 à 10,8 millions d’enfants. Dans le secondaire, les effectifs ont plus que triplé, passant de 1,4 à 4,6 millions», lit-on.

Ils n’en ont pas moins relevé les défis qu’ils restent à surmonter pour une éducation de qualité pour les enfants de la région du Sahel : « le livre blanc de la Banque mondiale sur l’éducation au Sahel publié aujourd’hui souligne qu’environ neuf élèves sur dix n’ont pas le niveau de lecture et d’écriture requis à la fin du primaire. Deux écoliers sahéliens sur cinq n’arrivent pas jusqu’au bout de leurs études primaires. Ceci pose le problème lancinant de la déperdition scolaire, facteur aggravant des inégalités dans un contexte où une majorité de nos concitoyens doit faire face à des situations de précarité extrême et pour qui scolariser les enfants induits des coûts à ne pas négliger même quand l’école est gratuite», relèvent les Chefs d’Etat du G5 Sahel et la Banque Mondiale. A cela s’ajoutent le défi sécuritaire, les effets du changements climatiques et l’impact de la Covid-19.

En guise de réponse à cette situation, Bazoum, Kaboré, Ould Ghazouani et Ousmane Diagana, insistent sur le soutien aux enseignants à travers une meilleure formation, une augmentation des financements qui doivent « aller plus loin que les 3% de notre PIB qu’elles représentent, un chiffre encore trop faible comparé aux 4% de moyenne sur le continent ou au standard international de 6%».

Pour les participants à ces concertations, ces différentes mesures visent à aboutir à «une action concertée et courageuse de notre part, et en étroite collaboration avec les partenaires internationaux dans ce secteur, qui mènera à des effets positifs immédiats et de long terme : une jeunesse bien formée, qui a confiance en elle-même, est garante d’une prospérité partagée».

S. B.

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