Le rapport de la commission d’enquête publié le 25 juin dernier enquêtait sur le décès de 34 mineurs abattus par la police et d’environ 300 arrêtés ou blessés lors d’une grève illégale en août 2012 près d’un gisement de platine à Rustenburg au cours de laquelle les manifestants réclamaient des hausses de salaires .
De ce rapport il ressort que la responsabilité de la police n’est que partielle. Selon la commission, c’est le plan d’action de la police qui était défectueux. Le rapport a donc recommandé l'ouverture d'une enquête judiciaire, sans faire mention de dédommagement des victimes, pourtant réclamé par leurs familles. Une conclusion qui ne fait pas l’unanimité.
Pour Joseph Matunjwa d’Amcu, syndicat auquel appartenaient les mineurs, ce rapport a surtout servi à exonérer les responsables politiques. «Cela a été deux ans de perdus ; une perte de temps et d’argent, car la vérité n’a pas été faite et les familles ne vont pas pouvoir panser leurs blessures», a t il dénoncé.
Assertion que partage Zwelenzima Vavi, un syndicaliste. « Je pense que la commission n’a jamais été mise sur pied pour établir la vérité. A partir du moment où le gouvernement a amendé le pouvoir de cette commission, avec le président de la République lui rappelant qu’elle peut tout faire, sauf juger l’exécutif, on a compris qu’il s’agit d’une farce», estime t-il.
Les accusations fusent surtout à l’endroit du ministre de la Police et de l’actuel vice-président du pays, Cyril Ramaphosa. Au moment des faits, ce dernier faisait partie du conseil d’administration de la compagnie minière Lonmin et avait personnellement demandé l’intervention des forces de l’ordre pour mettre fin à cette grève illégale. Les proches des victimes ne comptent donc pas en rester la. «Nous allons voir si nous engageons d’autres poursuites individuelles contre ceux que la Commission d’enquête a exonérés», a informé Dali Mpofu, l’avocat de grévistes blessés.
«Nous avons jusqu’au 16 août (date anniversaire de la tuerie), pour déposer une plainte au civil contre l’Etat et nous allons le faire», a déclaré Dali Mpofu. L’avocat a assuré vouloir « explorer toutes les options, y compris de saisir la Cour pénale internationale (CPI)».
Larissa AGBENOU



