Pitso Mosimane, l’Afrique subsaharienne et les immenses défis d’Al Ahly 

Le Caire (© 2021 Afriquinfos) – Il y a quelques temps, l’entraineur d’origine congolaise, Florent Ibengue se plaignait du peu de représentativité des entraineurs noirs dans les championnats majeurs européens. Ce coup de gueule aurait pu également trouver écho en Afrique du Nord où jusqu’alors, n’officiait quasiment aucun technicien d’Afrique subsaharienne. Depuis, le Sud-Africain Pitso Mosimane a pris les rênes du mythique club égyptien d’Al Ahly et écrit désormais l’une des plus belles pages du football continental.    

A son arrivée en octobre 2020 sur les bancs d’Al Ahly, il faisait office d’OVNI. Avant lui, très peu d’entraineurs d’Afrique subsaharienne avaient entrainé dans le Championnat égyptien, et aucun n’avait en 100 ans d’existence, dirigé le club cairote !

Quelques mois plus tard, deux Champions League, une SuperCoupe et une Coupe d’Egypte dans son escarcelle, Pitso Mosimane a donné raison à ceux qui ont œuvré pour son recrutement. Et visiblement, ils n’étaient pas si nombreux que ça. Selon les déclarations du technicien sud-africain, n’eût été la ferme volonté du président El Khatib, il n’aurait jamais été nommé entraineur d’Al Ahly. «Soyons honnêtessans le président El Khatib, je ne serais pas ici. J’en doute», reconnait-il.

Pour Mosimane, la tendance en Afrique du Nord, à défaut de recruter local, est de se tourner plutôt vers le ‘Vieux continent’: «Pendant de nombreuses années, il était normal qu’il aille en Europe, chaque fois qu’un club de cette partie du monde cherchait un nouvel entraîneur. C’était la norme. Si ce n’est pas l’Europe, ils essaient quelqu’un d’ailleurs, mais surtout l’Europe», a-t-il déclaré à cet effet.

Un autre regard sur l’Afrique noire au Maghreb

Aussi, selon le technicien sud-africain, le défi était-il de taille autant pour lui que pour le Président d’Al Ahly qui avait fait feu de tout bois, pour le porter à la tête du club. « … Le capitaine El Khatib est allé à contre-courant. Il a pris une décision très audacieuse et je suis sûr que beaucoup de gens ne l’ont pas compris à l’époque. C’était une décision très audacieuse et je suis sûr qu’elle était aussi très difficile à prendre, car vous faites venir cet entraîneur, oui, j’étais connu en Égypte mais aucun technicien de l’Afrique sub-saharienne n’avait jamais entraîné le club en plus de 100 ans. Et si cette décision se retourne contre vous et s’avère être une très mauvaise décision ? L’enjeu était de taille, mais il a pris les devants et m’a soutenu pour ce poste», confesse Mosimane.

L’avenir et l’armoire à trophées du club cairote garni de 4 nouveaux titres semblent avoir donné raison à El Khatib. Ce choix porté sur Mosimane qu’il juge historique devrait ouvrir la voie au recrutement de plus d’entraineurs d’Afrique subsaharienne dans cette partie du contient : «Grâce à El Khatib, de nombreux clubs seront disposés à engager des entraîneurs qui me ressemblent, et pas seulement ceux qui viennent d’Europe. Et, je n’ai rien contre l’Europe, je n’ai rien contre les grands managers qui viennent d’Europe pour partager leurs connaissances ici. Mais nous, les Africains, sommes aussi assez bons – nous avons aussi des idées, nous avons aussi une philosophie. Nous avons juste besoin qu’on nous fasse confiance», a rappelé Mosimane.

Boniface T.

 

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