L’Égypte en passe d’être le premier producteur de vaccins anti-Covid-19 en Afrique du Nord

Le Caire (© 2021 Afriquinfos) – En mars dernier, c’est l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) Zone Afrique elle-même, qui sur son site officiel, s’interrogeait sur la capacité de fabrication de vaccins en Afrique dans le cadre de la lutte contre la Covid-19. Ce à quoi le Pr William Ampofo, président de l’Initiative pour la fabrication de vaccins en Afrique, répondait qu’il existait moins de 10 fabricants africains dans le secteur de la production de vaccins et ils sont basés dans cinq pays : l’Égypte, le Maroc, le Sénégal, l’Afrique du Sud et la Tunisie. Mais avec une production en amont très limitée avec la plupart des entreprises qui ne se consacrent qu’à l’emballage et à l’étiquetage, occasionnellement au remplissage et aux étapes de finition des produits. Depuis, l’Egypte a conclu un accord avec la Russie pour la production de plus de 40 millions de doses du vaccin Spoutnik V chaque année dans la première phase.

Alors qu’on attendait l’Algérie qui avait dans un premier temps annoncé un accord pour la production du vaccin russe, c’est l’Egypte qui a pris le lead dans la région avec la signature d’un accord pour produire localement le vaccin Spoutnik V contre la covid-19. L’accord a été signé entre le Fonds russe d’investissement direct (RDIF, fonds souverain russe), l’entreprise égyptienne Minapharm, spécialisée dans la technologie de l’ADN recombinant, et sa filiale berlinoise ProBioGen AG. Il permettra au pays des pharaons de produire plus de 40 millions de la précieuse dose, chaque année.

Les deux parties ont l’intention de lancer prochainement un processus de transfert de technologie afin de produire le vaccin russe dans les usines de MinaPharma au Caire, dès le troisième trimestre de cette année. Le Fonds russe d’investissements directs a indiqué que « Pro BioGene » dispose de capacités de test dans le domaine des technologies de vecteurs viraux, du développement de vaccins et de la thérapie génique. Et participera à l’amélioration des opérations en vue de modifier le volume de production du « Spoutnik V » en vertu du contrat à l’avenir. Il est à noter que le partenariat avec « MENA Pharma » est le premier contrat de production du « Spoutnik V » pour la Russie dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

Exporter l’expertise égyptienne

Cette production locale en Egypte qui assurément la place en tête des pays producteurs de vaccins en Afrique du Nord, n’occulte pas les importantes difficultés qu’ont les pays africains pour acquérir les vaccins. La plupart des pays africains sont approvisionnés en vaccins par l’UNICEF, avec le soutien de Gavi, l’Alliance du vaccin, avec moins de 10 pays qui sont auto-suffisants en termes d’acquisition de vaccins.

Ces obstacles peuvent toutefois être surmontés si les gouvernements africains, les organisations continentales telles que l’Union africaine et d’autres parties prenantes se concentrent «sur les problèmes centraux, tels que l’innovation financière, permettre les capacités réglementaires régionales d’assurer la qualité et des éléments techniques critiques parmi lesquels le développement des compétences, le transfert technologique et les partenariats pour le développement de produits, ainsi que la conception et l’établissement d’un mécanisme de bonnes pratique de fabrication», estime Pr William Ampofo, président de l’Initiative pour la fabrication de vaccins en Afrique.

Il ajoute que «l’actuelle pandémie de la COVID-19 représente une opportunité considérable d’exploiter les divers débats et propositions en une feuille de route d’actions menée par l’Union africaine et les organisations régionales qui mènera à une production accrue de vaccins en Afrique, afin de faciliter la vaccination contre les maladies infantiles et le contrôle des épidémies de pathogènes hautement infectieux».

Boniface T.

 

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