Mali : Fort taux d’abstention lors des législatives de ce 29 mars

législatives au Mali

Bamako (© 2020 Afriquinfos)-Malgré la crise du coronavirus qui a déjà fait officiellement sa première victime au Mali,  et malgré l’enlèvement du chef de file de l’opposition Soumaila Cissé par les groupes armés, le pays a tenu ses élections législatives ce dimanche 29 mars.

La campagne s’est déroulée dans un contexte délétère avec l’apparition du coronavirus et les violences jihadistes et intercommunautaires persistantes.

Plusieurs sont les électeurs qui ont préféré jouer la carte de la prudence face à  l’épidémie du coronavirus qui a contaminé une vingtaine de personnes et fait samedi sa première victime dans le pays.

Outre la crise sanitaire, on note également l’enlèvement du chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé, à quelques jours de l’élection alors qu’il faisait campagne dans son fief électoral de Niafounké, près de Tombouctou (nord).

Il est vraisemblablement aux mains de jihadistes se revendiquant d’Amadou Koufa, chef de l’une des branches de la principale alliance jihadiste du Sahel, affiliée à Al-Qaïda, selon un élu et une source sécuritaire.  Le président Ibrahim Boubacar Keïta a promis de « ne ménager aucun effort pour obtenir sa libération ».

« Le coronavirus et l’insécurité ont chassé les électeurs »

Dans les parties du territoire en proie à des violences quasi quotidiennes, le scrutin n’a pas pu se tenir. Sur 12.500 bureaux, 274 sont restés fermés, selon le ministère de la Sécurité.

Les Forces armées maliennes ont indiqué avoir été « accrochées dans une embuscade » à Mondoro, près de la frontière avec le Burkina, où elles avaient déjà été visées trois fois par les jihadistes depuis septembre, subissant de lourdes pertes.

Les militaires affirment avoir « neutralisé cinq terroristes » et récupéré trois motos et de l’armement, sans enregistrer de victime.

Ils ont également indiqué avoir  interpellé « 19 personnes en possession de 10 urnes destinées à des opérations frauduleuses » à Tombouctou (nord).

A Mopti, au cœur du centre du Mali particulièrement meurtri ces dernières années, il n’y a « pas vraiment eu d’affluence », a dit le président d’un bureau.

A Tombouctou, les centres de vote étaient sécurisés par l’armée malienne, mais un président de bureau a été « enlevé par des hommes armés », selon une source proche du gouvernorat.

Le mandat de l’assemblée issue des élections de 2013, qui avaient octroyé une majorité substantielle au président Keïta, devait s’achever en 2018.

Les enjeux de son renouvellement sont importants, selon des experts, pour qui il s’agit de faire enfin progresser l’application de l’accord de paix d’Alger signé en 2015 entre les autorités et les groupes armés indépendantistes, notamment touareg, qui avaient pris les armes en 2012. L’accord en question ne concerne pas les groupes jihadistes. Cependant sa mise en œuvre est considérée comme un facteur essentiel d’une sortie de crise, à côté de l’action militaire.

Il prévoit plus de décentralisation via une réforme constitutionnelle. Certains opposants estiment que la réforme ne peut être adoptée par l’Assemblée actuelle car celle-ci est jugée par beaucoup « légale mais plus légitime », selon Bréma Ely Dicko, sociologue à l’université de Bamako.

Ces élections législatives reportées à plusieurs reprises, doivent permettre de renouveler les 147 sièges du Parlement.

I.N.

Ne ratez pas de nouvelles sur le Coronavirus au Mali et ailleurs

COVID-19/ la CAF reporte le CHAN 2020

Décès au Burkina Faso d’un premier cas de Covid-19, le premier en Afrique de l’Ouest

Coronavirus : un traitement « prometteur » à base de chloroquine à l’essai en France

Ethiopie : fermeture des frontières terrestres pour lutter contre le Covid-19

Ces articles devraient vous intéresser :

L’état de la pandémie en Afrique au 1er juin 2020
Covid-19 : les stars africaines investissent la toile pour sensibiliser
Le milliardaire Jack Ma prête soutient fortement l’Afrique dans la lutte contre le Covid-19
Maroc : un masque en 3D et une appli détectent à distance le Covid-19 
Coronavirus en Afrique, six pays officiellement épargnés par le virus
Covid-19: Fitch anticipe une dégradation de la note de plusieurs États africains dont des pays pétro...
Coronavirus : Les femmes en 1ère ligne selon les Nations Unies
Eto'o invite l'Afrique à tirer des leçons du Covid-19
L’état de la pandémie en Afrique au 9 aout 2020
Lutte contre la propagation du COVID-19 : la BCEAO prend 8 mesures pour booster les transactions éle...
Coronavirus au Nigeria : le nombre de cas pourrait rapidement "exploser" (officiels)
L’état de la pandémie en Afrique au 26 aout 2020
Le Rwanda opte pour le confinement pour stopper le Covid-19
L’état de la pandémie en Afrique au 4 juillet 2020
Au Burundi, préservé du Covid-19 par "la grâce divine", la vie suit son cours
Covid-19 : la CAF publie un guide pour la reprise des compétitions en Afrique
Covid-19 & Foot : les Ecureuils viennent en aide aux populations béninoises
Deuil: Le COVID-19 empêche Osange Silou-Kieffer de connaitre les meurtriers de son mari
Ethiopie: la peur du virus s'est diluée, au moment où il se propage
Covid-19 : Kouchner, Stiglitz, Sall, Addo plaident pour un "vaccin gratuit pour tous"
Lueur d'espoir pour le développement d'un vaccin contre le coronavirus
L’ex Président congolais, Yhombi Opango, nouvelle personnalité africaine victime du Covid-19
Le Sénégal rouvre ses frontières aériennes
Lutte contre le COVID-19 en Afrique: Des pays fragiles montrent l'exemple

Lire aussi

[custom-related-posts]
Afriquinfos.com © Copyright 2020, Tous droits réservés