Ghana : Accra vibre sous les couleurs de la mode

Accra (© 2016 Afriquinfos) –Outre le Nigeria, le Ghana s’est également fait une place dans la mode africaine. Après que de nombreux acteurs ghanéens, comme Jackie Appiah, Juliet Ibrahim ou Joseph van Vicker, ont profité du boom de Nollywood, le Ghana a structuré sa propre industrie cinématographique appelée Ghallywood. L’histoire se répète avec son industrie de la mode qui regorge de nouveaux talents comme la styliste Emily Okoampah qui imagine les tenues afro-chics des actrices de la web-série à succès An African City, le Sex and the City ghanéen. Cette série met à l’honneur la mode ghanéenne comme les tenues branchées du label Christie Brown d’Aisha Ayensu ou les sacs en raphia de la marque AKK d’Akosua Afriyie-Kumi, présente au dernier salon Maison & Objet à Paris. Alors que ce pays est l’un des plus conservateurs d’Afrique de l’Ouest, le mois d’octobre célèbre une mode décomplexée en débutant avec l’Accra Fashion Week (AFW), puis en se terminant avec la Ghana Fashion and Design Week (GFDW). Accra est assurément devenue un hotspot de la mode, comme l’explique la styliste ivoirienne Liliane Estievenart présente à l’AFW : « Ça fait deux ans que ça prend bien. Je suis venue au Ghana pour me faire connaître dans la sous-région. »

Cette année, l’AFW a lancé le mot d’ordre From Batik 2 Boutique, pour valoriser les quelques producteurs locaux de ce tissu face aux 80 tonnes d’importation de textile chinois. L’AFW n’accueille pas seulement la soixantaine de stylistes qui défilent, mais également un salon fréquenté par 6 000 visiteurs, l’Accra Fashion Fair avec 120 exposants spécialisés dans la mode, les accessoires, les bijoux et la cosmétique. En plus des labels locaux comme Afre Anko ou Bushai Weave, plus d’une vingtaine de stylistes étrangers d’une quinzaine de pays comme l’Ivoirienne Yale Woody, le Nigérian MXDN de Cynthia Madonna Orji, le Sierra-Léonais Madmouz Design ou encore Fafa Creations de la Sud-Africaine Tanya Kagnaguine. Cette AFW s’est placée sous le signe de l’émancipation féminine, avec des tenues légères, comme le souligne la Camerounaise Irene Nuvi : « Le temps est venu de ne plus juger une femme sur ce qu’elle décide de porter. » Les mots de la fin reviennent à la créatrice ghanéenne Yvonne Tawiah : « Avant, la couture, c’était pour les femmes qui n’avaient pas pu aller à l’école. Aujourd’hui, ce sont des diplômés d’université qui se tournent vers la couture. »

Innocente Nice

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