Côte d’Ivoire /Présidentielles 2020 : l’Eglise Catholique prône la réconciliation et le dialogue

Korhogo (© 2020 Afriquinfos)- Dans quelques mois, les Ivoiriens seront appelés aux urnes pour élire un nouveau président. Le moins que l’on puisse dire est que la période pré-électorale est plutôt agitée dans ce pays d’Afrique de l’Ouest qui n’a toujours pas fini de panser ses plaies suite aux conflits politico-sociaux qui l’ont émaillé entre 2010 et 2012. C’est afin de tirer la sonnette d’alarme que les Evêques de Côte d’Ivoire après avoir tenu leur 114ème assemblée plénière, ont adressé un message à leurs compatriotes.

Intitulé « Message pour des élections transparentes, justes et ouvertes en vue de la réconciliation et de la Paix », l’adresse des Evêques de Côte s’articule autour de quatre propositions. Ils ont en effet fait un état des lieux laissant voir que les cœurs des Ivoiriens sont toujours meurtris et que les rancœurs sont toujours d’actualité en lien avec la crise post-électorale de 2010 : « à cette fracture sociale est venue s’ajouter celle des partis politiques fractionnés en plusieurs entités. Les alliés d’hier sont devenus des adversaires et même des ennemis aujourd’hui. Les rapports sont teintés de ressentiments, de revanche ou de vengeance, où l’on cherche désormais à se mesurer ou à s’écraser mutuellement. Progressivement s’installe dans notre pays un climat de peur et de terreur, et nous avons le sentiment diffus de la menace et du déploiement de la force » peut-on lire dans la déclaration.

Aussi, l’Eglise catholique fait ses propositions pour des élections apaisées en Côte d’Ivoire. La première, la réconciliation qui « suppose, voire exige le retour des exilés avec des garanties de sécurité et de réintégration, la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, sans exception et le dégel des avoirs » ; la concertation et du consensus, « pour prendre en compte les exigences et les aspirations légitimes de tous les acteurs sociopolitiques et les avis éclairés de la communauté internationale. Le dialogue entre acteurs politiques et société civile si bien relancé récemment, la concertation nationale périodique, s’ils sont effectués dans la transparence et le respect de la différence, peuvent nous apporter un regain d’énergie et de fraternité constructive » ; l’instauration et la consolidation de l’Etat de droit qui implique le respect de la Constitution, « afin que personne ne nourrisse l’intention ou la volonté de manipuler les personnes, les textes ni les institutions qui seront impliquées dans le processus électoral ». Ceci tout en garantissant une totale indépendance à la Commission Electorale Indépendante (CEI). Pour finir, les Evêques de Côte d’Ivoire souhaitent une élection présidentielle ouverte, « qui garantisse l’égalité des chances de tous les candidats désireux de compétir. La lutte contre l’exclusion trouverait ici tout son sens » insistent-t-ils.

Il s’agit selon les hommes de Dieu « d’éviter de laisser aux générations futures, l’image d’un pays miné par des dissensions politiques ». Ils invitent leurs concitoyens à vivre cette année 2020 de façon sereine, à reconnaître dans le calme et la lucidité, la gravité des problèmes qui sont les nôtres, sans désespérer de l’avenir.

Boniface T.

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