Un marché de 200 milliards de dollars de médicaments falsifiés a toujours la vie dure en Afrique 

Lomé (© 2021 Afriquinfos) – C’est un juteux marché qui profite à des réseaux criminels. Les produits pharmaceutiques de qualité inférieure et falsifiés qui représentent jusqu’à 15% de tous les médicaments en circulation, génèrent 200 milliards de dollars. Après janvier 2020 à Lomé, la Fondation de Brazzaville a, à nouveau, posé la problématique de ce fléau lors d’une table ronde virtuelle de haut niveau le 25 mai dernier.  

À l’occasion de la 74e Assemblée mondiale de la Santé et de la Journée de l’Afrique, la Fondation Brazzaville a organisé une table ronde à haut niveau en ligne autour du thème : « La COVID-19 et les risques croissants de produits pharmaceutiques de qualité inférieure et falsifiés en Afrique : une question de santé publique et de sécurité ». Après le Sommet de Lomé en 2020 qui a jeté les bases d’une coopération plus accrue entre les pays et le renforcement des sanctions pénales contre les trafiquants de médicaments falsifiés, ce marché illégal continue de plus belle avec des revenus toujours plus croissants.

Face à un écart entre la demande et l’offre des médicaments, vaccins et dispositifs médicaux essentiels, les organisations criminelles se frottent les mains et déversent sur les marchés des médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. Dans un certain nombre de pays africains, les médicaments falsifiés représentent entre 30 et 60 % de l’ensemble des produits médicaux. Les conséquences humaines sont terribles.  Ce sont tuer 122.000 enfants de moins de cinq ans, qui meurent chaque année à cause des antipaludéens de mauvaise qualité en Afrique subsaharienne. Jusqu’à 169 000 enfants meurent chaque année de pneumonie à cause d’antibiotiques ou d’antipaludéens falsifiés ou de qualité inférieure, et 116 000 décès dus au paludisme pour des raisons similaires en Afrique subsaharienne.

C’est cette situation qui a motivé la tenue de cette réunion virtuelle de la Fondation Brazzaville qui a réuni un groupe de leaders mondiaux pour continuer à discuter de cette question préoccupante de santé publique et de sécurité avec pour objectif de démanteler le marché illégal de 200 milliards de dollars de médicaments de qualité inférieure et falsifiés. Pour y parvenir, les intervenants ont convenu que la mise en œuvre de l’initiative de Lomé serait primordiale pour répondre aux besoins des plus vulnérables en matière de médicaments essentiels. Il s’agira notamment du renforcement des systèmes de santé et de la mise en place de chaînes d’approvisionnement et des plans nationaux pour garantir que chacun ait accès à des médicaments et à des dispositifs médicaux de qualité et abordables, afin de parvenir à une couverture sanitaire universelle d’ici 2030.

Boniface T.

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