Sécurité maritime : dans la lignée de la ‘Charte de Lomé de 2016’, le Danemark envoie une frégate dans le Golfe de Guinée 

Accra (© 2021 Afriquinfos)- La recrudescence des actes de piraterie dans le Golfe de Guinée a poussé à une mobilisation plus accrue des pays partageant cette côte et celle des pays partenaires dont les navires marchands sont souvent la cible des attaques et kidnappings en mer. Le Danemark vient ainsi de se joindre à la lutte contre l’insécurité maritime en annonçant l’envoi d’une frégate pour mener la riposte contre ces pirates de la mer.

Un navire de guerre, rien que ça : c’est la réponse du Danemark à la hausse de la criminalité dans le Golfe de Guinée. Cette partie de l’océan Atlantique qui rassemble les côtes de 13 pays (le Libéria, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, la Guinée équatoriale, le Gabon, Sao Tomé-et-Principe, la République du Congo, la République démocratique du Congo et l’Angola) est devenue l’épicentre de l’insécurité maritime ces derniers mois.

En 2020, 95% des enlèvements de membres d’équipage qui ont eu lieu dans le monde ont été perpétrés dans le Golfe de Guinée. Des voix se sont élevées pour appeler à une riposte coordonnée contre ce fléau. Celles des armateurs, des compagnies maritimes et autres opérateurs internationaux qui souhaitent une plus grande sécurisation de ces eaux internationales. Parmi ces voix, celle du géant du transport maritime Maersk Lines à laquelle a répondu le gouvernement danois par l’envoi d’une frégate.

Annoncé d’ici novembre 2021, le navire de guerre, équipé d’un hélicoptère pour patrouiller dans les eaux internationales du Golfe de Guinée, effectuera ces opérations sur une période initiale de cinq mois. «Si nous voulons prendre au sérieux la gestion de la sécurité dans le Golfe de Guinée, une présence militaire internationale est nécessaire», a déclaré le ministre danois de la Défense, Trine Bramsen.

Cette décision du Danemark rejoint l’esprit de la Charte de Lomé signée en 2016 lors d’un Sommet extraordinaire de l’UA sur la sécurité et la sûreté maritimes et le développement en Afrique. Un accord historique qui avait vu une quarantaine de pays du continent décider de coordonner leurs actions pour lutter contre la piraterie et les trafics de drogue, d’armes et d’êtres humains sur les côtes africaines.

Si la Charte de Lomé peine à totaliser le nombre de signatures requis pour être portée à l’ONU, elle n’en a pas moins jeté les bases d’une coopération internationale pour sécuriser les eaux continentales. En témoigne, la tenue ce 19 mars de la 10è édition de l’Obangame Express (OE21), le plus grand exercice maritime multinational en Afrique de l’Ouest, avec la participation de 32 pays, sous l’égide de l’Africom (Commandement unifié des États-Unis pour l’Afrique qui coordonne toutes les activités militaires et sécuritaires des USA sur ce continent).

Boniface T.

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