Livre : Quand Obama évoque le Kenya, les Printemps arabes et Jacob Zuma

Washington (@Afriquinfos- 2020) – Paru le 17 novembre dernier, le livre de l’ancien Président américain «Terre Promise» est un véritable Best-Seller. Vendus à près d’un million d’exemplaires la première semaine aux Etats-Unis et déjà réimprimés deux fois en France, les ‘Mémoires’ de Barack Obama sont la sensation de cette fin d’année dans le monde littéraire. Mais tout comme son entrée à la Maison Blanche en 2009, le continent africain a particulièrement suivi la parution des ‘Mémoires’ de celui dont le père est Kenyan.

L’ «Obamamania» n’est pas encore retombée plusieurs années après le départ de l’ex-président américain de la Maison Blanche. En témoigne les chiffres record enregistrés à la sortie des Mémoires de Barack Obama. Si l’ouvrage était aussi attendu en Afrique, elle n’occupe pas de nombreuses lignes dans les 848 pages de la version française de «Une terre promise». C’est d’abord en évoquant brièvement son père que Barack Obama fait un clin d’œil à l’Afrique au début de son livre : «Mon père a grandi au Kenya et fait des études d’économie à l’université de Hawaï, où il a rencontré ma mère, puis à Harvard. Après leur divorce, il est retourné vivre en Afrique».

Ce sera ensuite sa tournée africaine alors qu’il était encore Sénateur en 2006 et pas encore Président des Etats-Unis. Mais selon ses écrits, l’idée lui taraudait déjà l’esprit : «À chacune de mes étapes, je voyais des hommes et des femmes œuvrer avec héroïsme, dans des circonstances effroyables. À chacune de mes étapes, on me répétait que l’Amérique aurait pu faire beaucoup plus pour aider à soulager la souffrance de ces populations. Et, à chacune de mes étapes, je me demandais si j’étais candidat à la présidentielle», écrit celui qui deviendra 3 ans plus tard, le premier président noir des USA. A cette époque, Barack Obama est notamment passé par le Kenya, la Somalie, l’Ethiopie et le Tchad.

Une fois devenu le n°1 des Etats-Unis, Barack Obama fait plutôt ressortir dans son livre les rapports qu’il avait avec des Chefs d’Etat africains et surtout ce qu’il pensait d’eux. Ainsi, à ses yeux, Jacob Zuma, le président sud-africain, était «assez avenant» et même éloquent, même si «de l’avis général, une large partie de la bonne volonté acquise grâce à la lutte héroïque de Mandela était dilapidée pour cause de corruption et d’incompétence des dirigeants de l’ANC, laissant une proportion significative de la population noire encore embourbée dans la pauvreté et le désespoir». Dans le même sillage, Hosni Mubarak lui avait fait ressentir «l’impression que j’aurais souvent en rencontrant des autocrates d’un certain âge: enfermés dans leur palais, avec pour seul contact avec le monde extérieur les fonctionnaires obséquieux aux visages sévères qui les entouraient, ils étaient incapables de faire la distinction entre leurs intérêts personnels et ceux de leur nation, leurs actes étant motivés par la seule ambition d’entretenir le réseau enchevêtré de copinage et d’intérêts commerciaux qui les maintenait au pouvoir».

Il fera aussi cas du «printemps arabe» qu’il a vu venir lors de son passage au Caire en juin 2009 et de l’intervention américaine en Libye qu’il regrette de nouveau, car y ayant été poussé par le Président français, Sarkozy et le Premier Ministre britannique d’alors, James Cameron. Comme on le voit, tout comme la politique qu’il a menée pendant les 8 années passées à la Maison Blanche, l’Afrique occupe une infime partie des mémoires du Président afro-américain, et cela ne risque pas de changer dans le tome 2 annoncé de l’ouvrage.

Boniface T.

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