La circoncision, du latin circumcisio (couper autour), consiste en l’ablation partielle ou totale du prépuce, laissant ainsi le gland du pénis à découvert. 30% de la population masculine mondiale fait l’objet de cette pratique. Pratiquée très couramment en Afrique, elle marque pour les jeunes garçons le passage à l’âge adulte.
Dans les contrées traditionnalistes africaines, ce rituel s’effectue avec des moyens précaires et peut nuire gravement à la santé ou entrainer la mort. C’est le cas dans la province de El Cabo Oriental, en Afrique du Sud, où 30 jeunes garçons ont perdu la vie et 293 autres ont été admis à l’hôpital pour des soins d’urgence, des suites des blessures graves provoquées par la circoncision. « Parmi ceux qui sont hospitalisés, certains ont des blessures très graves, et plusieurs jeunes sont victimes de tentatives de castration, ce qui n’a rien à voir avec la circoncision », a déclaré Sizwe Kueplo, porte-parole du Département de Santé de El Cabo. Il dénonce aussi une intention criminelle de la part des guérisseurs, auteurs des circoncisons.
Les cérémonies se déroulent dans des lieux conçus à cet effet, appelés « écoles d’initiation ». Certaines de ces écoles agissent parfois de manière contraire à la loi. Après la circoncision, les jeunes garçons sont isolés pendant plusieurs semaines, sans aucune attention médicale.
Ces écoles d’initiations et les actes qui y sont commis sont vivement critiqués par les autorités sud-africaines. Le ministre de la Santé, Aaron Motsoaledi affirme que « les mafiosos profitent de cette coutume et détruisent la jeunesse ». Il ajoute que de tels agissements sont des actes criminels « qui n’ont rien à voir avec la culture ». Parfois, les propriétaires de ces écoles soudoient les parents pour qu’ils y amènent leurs enfants. D’autres fois, les jeunes garçons sont enrôlés de force, mais ni eux ni leurs parents n’osent porter plainte, parce qu’ils ne veulent pas aller à l’encontre de la tradition.
Le ministre de l’évaluation Collins Chabane a lancé un appel aux guérisseurs, auteurs des circoncisions, à travailler avec le gouvernement « pour éviter ces pertes de vies lamentables ». Il a aussi fait déployer des cliniques mobiles dans les régions où sont basées les écoles d’initiation pour donner des soins d’urgence en cas de complication pendant les rituels.



