L’ex président Pierre Buyoya, ex Haut fonctionnaire de l’UA, repose désormais au Mali

Bamako (© 2020 Afriquinfos)- L’ancien président burundais Pierre Buyoya a été enterré ce 29 décembre 2020 au cimetière catholique de Bamako, au Mali, après l’émotion de la messe d’adieu. 

La cérémonie d’enterrement a été précédée d’une messe à laquelle ont assisté sa femme et ses enfants. Plusieurs autres diplomates africains et occidentaux étaient également présents pour lui rendre un dernier hommage. Les autorités maliennes étaient présentes à travers le ministre des Maliens de l’extérieur, Alhamdou Ag Ilyene.

Au Mali, Pierre Buyoya se sentait chez lui. Reconnaissants à son pays d’accueil, ses proches ont tout de même rappelé l’attachement de Pierre Buyoya au Burundi lors de l’oraison funèbre. «Nous l’avons vu depuis le début de la crise mettre toutes ses connaissances pédagogiques, son expérience au service du Mali pour la sauvegarde de son intégrité territoriale, pour la réconciliation de ses fils, pour sa sécurisation et puis le retour du Mali devant la scène internationale», a témoigné son fils Olivier.

«Comme tout Africain, notre souhait, c’est un jour d’être enterré sur la terre de nos ancêtres. Et je crois savoir que c’était aussi son souhait. Cela n’a pas été possible, mais nous ne perdons pas espoir qu’un jour, cela le soit», a-t-il ajouté. De son vivant, Buyoya qui a dénoncé un «procès politique», a été condamné en octobre 2020 par contumace au Burundi, avec une vingtaine d’anciens hauts responsables civils et militaires, pour l’assassinat en 1993 de Melchior Ndadayé, premier président démocratiquement élu du Burundi et premier Hutu à accéder au pouvoir.

Décédé le 17 décembre, le diplomate aura passé les huit dernières années de sa vie au Mali en tant que Haut représentant de l’Union africaine au Mali et au Sahel. Il est décédé à Paris à l’âge de 71 ans. 

Buyoya, premier président burundais enterré dignement hors de son pays

D’après une source familiale, le Burundi avait accepté que Pierre Buyoya soit enterré dans son pays natal mais avait refusé de lui accorder des honneurs dignes d’un ancien chef d’État. C’est alors que, ajoute cette source, le Mali a demandé à la famille d’accepter que le défunt soit inhumé “dignement dans un pays pour lequel il a consacré une partie de sa vie pour la paix”. La famille n’a pas fait d’objection, apprend-on.

Aucune délégation du régime CNDD-FDD porté au pouvoir par l’Accord d’Arusha dont Buyoya est l’initiateur n’était présent au Mali pour les cérémonies de derniers hommages. Des juristes estiment que les restes de celui qui a dirigé le petit État d’Afrique de l’Est à deux reprises devront être rapatriés au Burundi à un moment opportun. Le Mali s’est chargé de rapatrier le corps depuis Paris en France où il a rendu l’âme.

D’après l’avocat burundais Emmanuel Nkengurutse, c’est un patrimoine national qui ne va pas profiter aux Burundais et qu’il faudra rapatrier. “En tout cas, tôt ou tard, le corps du président Pierre Buyoya sera rapatrié. Un gouvernement responsable ne ferait autre chose que ça. Et puis, sa dernière demeure sera un mausolée de l’Unité Nationale, de la Démocratie et de la Réconciliation, trois piliers qu’il a encrés sous son règne, même s’il a rencontré plusieurs obstacles”, explique l’ancien député de l’Uprona en exil.

Le refus de ce droit à Pierre Buyoya, dit-il, “témoigne de la haine que le pouvoir actuel a contre lui, ses idéologies, ses compagnons et son ethnie”. Pour celui qui est actuellement avocat, “c’est une situation qui ternit beaucoup l’image du pays, déshonore les actuelles autorités burundaises et met mal à l’aise tout Burundais, où qu’il soit”.

Les ex présidents burundais Jean-Baptiste Bagaza, Cyprien Ntaryamira et Michel Micombero reposent tous au Burundi.

V. A.

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