PAX AFRICANA propose une alternative contre les stupéfiants en Afrique occidentale

ecapital
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«La WACD (Commission ouest-africaine sur les drogues) a publié le 15 juin 2014 à Dakar (Sénégal) son Rapport annuel qui met une nouvelle fois en lumière les grands défis politiques, sociaux et économiques auxquels l'Afrique occidentale doit encore faire face durant les prochaines années pour juguler efficacement le trafic, la production et l’usage des stupéfiants sur son espace géographique.

Fruit d'un travail acharné d'une année et demi de ses 11 Commissaires (parmi lesquels l'on compte le Président de PAX AFRICANA, Edem KODJO), de ses multiples techniciens et de sa collaboration agissante avec les Etats et diverses autres organisations régionales et internationales, ce Rapport du WACD a le mérite de jeter les bases et d'ouvrir un débat franc, direct et utile sur la nécessaire redéfinition d'une stratégie gagnante, en matière de lutte contre le trafic de la drogue.

Il s'agit de renforcer en Afrique de l’Ouest, la lutte contre les trafiquants quels que soient leur position ou  rang social, de mieux surveiller les routes et les  sources d’approvisionnement, de traquer les narco-trafiquants et les dealers de produits illicites dérivés et de constituer des statistiques fiables sur le phénomène.

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Le WACD demande par ailleurs que le débat soit élargi afin de trouver un certain équilibre entre la répression pure et simple et la prise en compte des dimensions « santé publique » et sociale du fléau.

 La WACD attire aussi l’attention des Etats sur la nécessité d’élaborer une politique socio-sanitaire qui prenne désormais en compte, en termes de soins et de réhabilitation, les jeunes et les petits usagers (qui se trouvent être le noyau le plus important du narco-trafic en Afrique de l'ouest). Il faut recadrer cette politique et sortir de la seule alternative étroite: ‘’prison ou internement psychiatrique’’ qui constitue aujourd’hui, les seuls lieux d’accueil et de traitement des toxicomanes.

 Il manque au tableau, la construction de Centres spécialisés de traitement spécifique et approprié qui rendraient une fois guéris, ces jeunes gens plus utiles à leurs communautés et éviteraient d’encombrer souvent, inutilement, les différentes maisons d’arrêt.

Les expériences réussies en la matière de plusieurs Etats d'Amérique latine peuvent à ce sujet inspirer les Etats de notre sous-région ou y être testées, voire adaptées selon le contexte. Toutes choses permettant d’arriver à une dépénalisation encadrée de l'usage de certaines de ces substances en Afrique occidentale.

 Cette position que soutient PAX AFRICANA dans le nécessaire combat contre le narco-trafic en Afrique de l'ouest et ses immenses répercussions sur l'économie régionale ne signifie aucunement que les Etats de cette partie du Continent africain doivent désormais se montrer veules dans la répression de l'usage ou de la circulation des stupéfiants. PAX AFRICANA les invite dans ce sens à continuer à réprimer avec sévérité les personnes physiques et morales qui se rendent expertes dans l'entretien de ce fléau qui ruine toute avancée en matière de développement. Cependant, cette position rigide ne devra plus se passer de la nouvelle conception de la "répression" du narco-trafic mise en avant par les travaux du WACD».