Luanda (© 2025 Afriquinfos)- Le 3e Sommet africain sur le financement du développement des infrastructures s’est ouvert mardi 28 octobre, à Luanda, en Angola, avec pour objectif de mobiliser des investissements pour réduire le déficit annuel estimé à plus de 100 milliards de dollars. Organisé par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA), en collaboration avec le gouvernement de la République d’Angola, le sommet prend fin demain vendredi 31 octobre.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les interventions du président angolais João Lourenço, président en exercice de l’Union africaine, du président comorien Azali Assoumani, du président togolais Faure Gnassingbé, du président de la Commission de l’UA Mahmoud Ali Youssouf, du Premier ministre burundais Nestor Ntahontuye et du vice-Premier ministre égyptien Kamel Al-Wazir.
Cette rencontre est conviée à un moment où l’Afrique fait face à un déficit de financement des infrastructures supérieur à 100 milliards de dollars et se prépare à mobiliser les 1 300 milliards de dollars nécessaires à la mise en œuvre du Plan directeur continental pour les systèmes électriques (CMP) en vue de la création d’un marché unique de l’électricité en Afrique d’ici 2040.
En tant qu’actuel président de l’Union africaine, le président João Lourenço a placé le financement des infrastructures au cœur de son programme continental. S’exprimant lors de la cérémonie de passation de pouvoir de la Commission de l’UA en mars 2025, il avait déclaré que les infrastructures constituent l’un des piliers essentiels de l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
« Nous devons mobiliser toutes les ressources financières disponibles pour atteindre nos objectifs, qu’il s’agisse des routes, des chemins de fer, des ports, des lignes électriques ou des réseaux numériques », avait-il affirmé, appelant à l’organisation d’une conférence continentale sur les infrastructures en 2025.
Le Sommet de Luanda répond directement à cet appel. Grâce à des salles de négociation et des sessions de présentation d’investissements, les gouvernements et les institutions africains présenteront leurs portefeuilles d’infrastructures à des investisseurs potentiels, dans le but d’obtenir des engagements financiers pour les corridors régionaux, la production et le transport d’électricité, les plateformes logistiques et les réseaux numériques.
Des corridors stratégiques tels que le corridor de Lobito, le LAPSSET et la route Dakar-Bamako-Djibouti seront présentés comme des modèles intégrés combinant infrastructures, commerce et développement industriel.
L’un des thèmes centraux du sommet est la quête permanente de l’Afrique pour un accès universel à l’énergie. À travers les projets énergétiques du PIDA, le marché unique africain de l’électricité (AfSEM) et le Plan directeur continental des systèmes électriques, le sommet explorera les mécanismes de financement destinés à combler les lacunes en matière d’accès à l’énergie pour plus de 600 millions d’Africains qui n’ont pas accès à l’électricité.
Le sommet permettra également de renforcer la collaboration avec les organisations philanthropiques et les capitaux alignés sur le climat afin de co-investir dans des infrastructures énergétiques durables, en particulier dans les régions mal desservies.
Cette réunion coïncide également avec l’examen à mi-parcours du PIDA, une étape importante qui permettra d’évaluer les progrès accomplis et de définir une orientation stratégique pour la seconde moitié du cycle PIDA PAP 2.
La sécurité et les infrastructures hydrauliques à l’ordre du jour
Alors que l’Afrique se positionne pour jouer un rôle de premier plan dans la révolution mondiale du numérique et de l’intelligence artificielle, le sommet de Luanda examinera comment les infrastructures numériques, les technologies financières et l’IA peuvent favoriser une planification plus intelligente, une meilleure prestation de services et une plus grande inclusion financière.
La sécurité et les infrastructures hydrauliques seront également à l’ordre du jour, avec une attention particulière accordée au financement durable de la gestion transfrontalière des ressources en eau et aux infrastructures d’adaptation au changement climatique.
Parallèlement, le sommet soulignera la nécessité impérative de mobiliser les capitaux nationaux. Avec plus de 70 milliards de dollars disponibles chaque année dans les fonds de pension et les fonds souverains africains, de nouveaux modèles de coopération public-privé seront explorés afin de libérer ces ressources pour des investissements à long terme dans les infrastructures.
Cette dynamique continentale s’aligne sur le positionnement de l’Afrique sur la scène mondiale. Sous la présidence sud-africaine du G20 en 2025, l’Afrique aura une occasion unique de faire du financement des infrastructures et de l’accès à l’énergie l’une des priorités mondiales.
Le sommet de Luanda servira de plateforme africaine clé pour alimenter les dialogues mondiaux et réaffirmer le leadership de l’Afrique dans la proposition de solutions qui fonctionnent pour le continent et pour le monde.
Les travaux, qui réunissent des dirigeants du continent, des investisseurs et des partenaires au développement, doivent permettre de mener des réflexions sur les mécanismes de promotion du financement des infrastructures sur le continent, avec en toile de fond, la mise en œuvre efficace de la Zlecaf. Également, les chefs d’Etat et de gouvernement devront examiner les opportunités d’investissements stratégiques alignées sur le Programme de développement des infrastructures en Afrique (PIDA), et le Plan directeur de l’UA pour la connectivité régionale et continentale.
A l’issue de ces travaux, meublés de déclarations et panels sectoriels de haut niveau, des recommandations sont attendues.
V.A



