Arrimage de l’ECO à l’Euro : Alassane Ouattara seul contre tous

Abidjan (© 2019 Afriquinfos)-  La position du président ivoirien Alassance Dramane Ouattara dans le grand débat sur les conditions de mise en circulation de l’ECO, la future monnaie unique de la CEDEAO est connue. Celle-ci doit rester arrimer à l’euro qui selon lui, constitue le gage de sa stabilité et de la performance des économies de la zone UEMOA. Un avis qui n’est pas vraiment partagé par de nombreux experts.

Alassane Ouattara persiste et signe, la future monnaie unique de la CEDEAO doit demeurer arrimer à l’euro. Dans une récente interview accordée à nos confrères de RFI, l’ancien haut dirigeant du Fonds Monétaire Internationale n’en démords pas : « Le fait que nous (Uemoa, Union économique et monétaire ouest-africaine) sommes arrimés à l’Euro, si nous empruntons des Euros, les moments de les rembourser dans cinq ou dix ans, le taux est fixe, c’est au même taux qu’on rembourse», a-t-il déclaré…Toutefois, « si nous avons une monnaie flexible, c’est très bien, mais l’Uemoa bénéficie d’une parité fixe. Si les pays membres de l’Uemoa n’ont pas tellement de problème de dette, c’est grâce à cette parité fixe », a-t-il renchéri. Aussi pour lui, les performances dont est créditée la zone UEMOA notamment un taux de croissance les plus élevés avec 6,6% (période 2012-2018), ainsi qu’un taux d’inflation plus bas, une dette publique la plus basse avec un taux de 50% de dette, sont dues à cet arrimage.

Pour d’autres analystes par contre, la force de l’ECO devra en premier lieu résider dans la capacité des 15 Etats membres de la CEDEAO à rendre compétitives leurs économies et assurer eux-mêmes leurs besoins vitaux sans recourir à des devises étrangères. C’est ce que soutient Ange Ponou, économiste à Sika finance qui indique qu’il s’agira de booster le commerce intra régional qui sera favorisé par la future monnaie unique. Même son de cloche chez l’économiste ivoirien Justin Koné Katinan  pour qui, « la structure encore coloniale de l’économie des pays de la CEDEAO pose à l’ECO des problèmes majeurs », à savoir les faibles échanges commerciaux intracommunautaires et la forte demande des pays en devises étrangères ». Il ajoute qu’il faudra « casser le lien exclusif de parité du FCFA avec l’Euro, c’est la condition première qui s’impose aux pays de l’Uemoa pour gagner la confiance des autres membres » de la Cedeao, notamment le Ghana et le Nigeria. Notons que ces deux pays, anciennes colonies anglaises ne compte pas céder sur la question de l’indépendance monétaire.  

L’entrée en vigueur de l’ECO est prévue le 1er juillet 2020. A quelques six mois de cette échéance, les violons ne sont toujours pas accordés entre les 15 pays membres de la CEDEAO.

Boniface T.