Togo/Corollaires des législatives 2013 : Enfin le retour des vrais et alléchants débats à l’hémicycle!

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En attentant la proclamation des résultats provisoires définitifs, UNIR (formation au pouvoir à Lomé) garde une grande avance sur ses adversaires qui ne devraient pas le rattraper. Une chose est quasi certaine dans tous les cas. Dans la prochaine législature, les débats seront forcément richement animés.

Tout simplement parce qu’il y aura de la concurrence dans l’air. La vraie et saine. Assurément, de vieux routiers de la politique togolaise vont y côtoyer de nouveaux venus. Les députés UNIR de l’Assemblée sortante qui auront la chance de revenir au Parlement feront tout pour mériter leur place. Pendant ce temps, les nouveaux venus ne lésineront pas sur les moyens pour tenter de s’attacher la sympathie du bureau directeur de leur formation politique, et surtout de leur électorat. Condition sine qua non pour mériter à nouveau l’investiture en prévision des prochaines législatives, dans tout parti dans lequel est appliqué le minimum de principes démocratiques.

Dans les rangs de l’Opposition, que ce soit dans les coalitions ou dans de simples formations politiques, il faudra également apprendre à se démarquer de façon positive. En se mettant loin de l’immobilisme qui a négativement marqué le dernier passage de l’Opposition togolaise à l’Assemblée !! Avec entre autres zéro proposition de loi pendant cinq ans !!! L’Opposition n’aura pas en outre un autre choix que d’être dynamique parce que de nombreux et gros chantiers attendent les prochains parlementaires du Togo. Comme l’effectivité des réformes institutionnelles et constitutionnelles (qui sommeillent depuis 2006), l’ouverture d’enquêtes parlementaires dans de nombreux dossiers de mal gouvernance dans plusieurs domaines de la vie de l’Etat togolais. Ou encore le souci de rendre opérationnels les nombreux textes internationaux ratifiés par le Togo (voici des décennies dans certains cas), et qui n’ont jamais été traduits dans l’arsenal législatif togolais.

Il faudra avoir l’esprit alerte pour être le plus à même de critiquer l’action gouvernementale. Il faudra aussi convaincre les populations pour mériter le statut de chef de l’Opposition qui sera réservé à la deuxième force de l’Assemblée. La parité hommes-femmes qui caractérisera la prochaine législature devrait par ailleurs secouer le cocotier de l’immobilisme des députés durant les sessions parlementaires.

De toute vraisemblance, beaucoup de femmes députés feront au Parlement leurs premières armes politiques. Elles devront cependant apprendre vite, au risque d’être surclassées par leurs collègues issus d’autres partis rivaux. Le décor est donc planté ; on ne retrouvera peut-être pas dans le prochain hémicycle togolais des débats aussi riches comme durant la législature de 1994 (après une victoire historique de la coalition d’Opposition CAR-UTD) ; mais tout porte à croire que l’on ne devrait être qu’à quelques encablures de cette donne. Rien que cette nouvelle configuration de l’hémicycle constitue une petite mais ô importante nouvelle pour la poussive et paresseuse démocratie « made in Togo ».

 

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